Bénin : 73 % des réformes de l’UEMOA appliquées, un record sous-régional
Lors de la Revue politique annuelle 2026 organisée à Cotonou, le Bénin a présenté un bilan remarquable de sa mise en œuvre des réformes communautaires de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Sur les 145 textes réglementaires passés au crible, 73 % ont été transposés et appliqués, dépassant ainsi le seuil satisfaisant fixé à 70 %. Une performance qui reflète l’engagement résolu de l’administration béninoise en faveur de l’intégration économique ouest-africaine.
Un exercice clé pour l’harmonisation régionale
Chaque année, la Revue politique annuelle de l’UEMOA sert de thermomètre pour évaluer l’application des décisions communautaires par ses États membres. Cette édition 2026, accueillie par le Ministère de l’Économie et des Finances du Bénin, a réuni des représentants des institutions nationales et de la délégation de la Commission de l’UEMOA. L’objectif ? Vérifier la conformité des législations béninoises avec le droit communautaire, tout en ciblant les freins administratifs ou techniques susceptibles de freiner la dynamique sous-régionale.
Trois axes majeurs pour évaluer les progrès
L’évaluation de 2026 s’est structurée autour de trois piliers essentiels pour le développement de l’UEMOA :
- Gouvernance économique et convergence : alignement des cadres budgétaires, surveillance multilatérale et transparence financière.
- Marché commun : facilitation de la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux, ainsi que simplification des procédures d’établissement.
- Politiques sectorielles : harmonisation des initiatives nationales dans les transports, l’énergie, l’agriculture, l’environnement et le numérique.
Un score historique pour le Bénin
Avec un taux de réalisation global de 73 %, le Bénin se positionne comme un acteur exemplaire au sein de l’UEMOA. Ce résultat, supérieur au seuil critique de 70 %, confirme la rigueur de l’administration béninoise et illustre la cohérence des réformes menées ces dernières années. Toutefois, cette performance ouvre aussi la voie à des améliorations ciblées dans les secteurs encore en retard.
Des dirigeants unanimes sur la voie à suivre
Les échanges qui ont suivi la présentation des résultats ont mis en lumière une vision partagée entre les autorités béninoises et la Commission de l’UEMOA. Pour le Président de cette dernière, Abdoulaye Diop, cette revue dépasse le cadre d’un simple audit : elle représente un levier stratégique pour accélérer l’intégration économique. Il a salué les engagements forts du Bénin et insisté sur la nécessité d’atteindre, lors de la prochaine édition, des avancées significatives dans les domaines perfectibles.
Le Ministre béninois de l’Économie et des Finances, Aristide Médénou, a pour sa part souligné le rôle central d’un suivi méthodique des textes communautaires. Selon lui, ce score de 73 % est le fruit d’une mobilisation collective des administrations, ainsi que d’un mécanisme rigoureux de détection des blocages réglementaires. Cette rencontre a également permis d’échanger sur les solutions concrètes pour fluidifier la transposition des directives en attente.
Les défis à relever pour consolider les acquis
Malgré ce bilan encourageant, 27 % des réformes restent à transposer, notamment dans les politiques sectorielles les plus complexes. Ces chantiers exigent une coordination interministérielle renforcée et une accélération des procédures administratives. Le Bénin affiche clairement sa détermination à poursuivre cette dynamique, avec pour objectif d’aborder la prochaine revue avec des progrès tangibles dans les domaines identifiés.
Une avancée sous-régionale aux retombées économiques
En franchissant ce cap des 73 %, le Bénin démontre qu’une gouvernance rigoureuse et un suivi institutionnel continu sont des piliers pour transformer les engagements régionaux en réalités concrètes. Dans un contexte économique mondial et régional marqué par des défis majeurs, l’alignement réglementaire et la discipline budgétaire du Bénin renforcent sa crédibilité sur la scène internationale. Ces efforts contribuent également à bâtir un marché ouest-africain plus intégré et compétitif, offrant de nouvelles opportunités pour les acteurs économiques de la sous-région.