Uranium au Niger : les vraies raisons de l’effondrement de la SOMAÏR

Une chute vertigineuse de la production d’uranium
La Société des mines de l’Aïr (SOMAÏR) devait incarner la souveraineté minière du Niger. Pourtant, les chiffres du premier trimestre 2026 sont sans appel : la production d’uranium s’est effondrée de 83,3 %, passant de 186,3 tonnes à seulement 31,2 tonnes. Un effondrement qui met à mal les ambitions affichées par les autorités.
L’excuse facile du corridor logistique
Pour expliquer cette débâcle, le gouvernement évoque des « contraintes logistiques sur le corridor d’importation des intrants ». Une explication qui masque mal la réalité. Certes, l’acheminement de l’acide sulfurique et des pièces détachées est perturbé par le blocage des routes traditionnelles. Mais imputer l’intégralité de cette chute aux transports relève de la mauvaise foi.
Une chaîne industrielle qui ne s’improvise pas
La gestion d’une chaîne de production d’uranium exige une rigueur technique et une anticipation constantes. La planification des stocks critiques, la gestion des réactifs chimiques et la maintenance préventive des équipements de pointe sont des défis qui ne tolèrent pas l’improvisation. Or, ces compétences semblent faire défaut à la nouvelle direction.
Arlit : le constat d’un amateurisme industriel
Sur le site d’Arlit, les discours patriotiques ne suffisent plus à masquer les défaillances opérationnelles. Le manque de qualifications pointues et les erreurs de pilotage technique plombent les opérations quotidiennes.
- Planification défaillante : les responsables n’ont pas su anticiper la rupture des stocks de réactifs chimiques, laissant l’outil de production s’arrêter faute d’intrants.
- Maintenance négligée : la gestion des pièces d’usure sur les broyeurs et les filtres a provoqué des pannes à répétition, avant même que les stocks ne s’épuisent.
- Perte de savoir-faire : l’éviction des cadres ingénieurs expérimentés a laissé place à une gestion politique plutôt que technique.
Le prix réel du nationalisme de façade
Produire de l’uranium ne se résume pas à des discours enflammés. L’industrie nucléaire ne pardonne pas l’amateurisme. En confiant des installations de haute technologie à une équipe dépassée par les exigences du secteur, le pouvoir nigérien démontre les limites de son modèle. En voulant prouver qu’il pouvait se passer de l’expertise étrangère sans en avoir les capacités, il a paralysé le poumon minier du pays. Et c’est le Trésor public qui en paiera le prix.