Spectacle insoutenable du calvaire de martinez zogo au Cameroun
Une audience historique à Yaoundé
Les deux premiers jours de juin 2026 ont marqué un tournant dans l’histoire judiciaire camerounaise. Le Tribunal militaire de Yaoundé a été le théâtre d’audiences chargées d’émotion et de révélations bouleversantes, notamment grâce à la présentation d’un rapport forensique inédit. Ce document, élaboré par le Professeur Georges Bell Bitjoka, expert judiciaire en cybersécurité, a servi de preuve irréfutable dans le dossier de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo.
Des preuves numériques accablantes
L’expert a analysé les téléphones et comptes en ligne des accusés, mettant au jour des éléments accablants. C’est ainsi que la vidéo montrant les dernières heures du journaliste a été découverte dans le compte Google Cloud de l’un des suspects. Le 1er juin, lors de la projection publique de trois vidéos, la salle a été saisie d’horreur : Martinez Zogo y apparaît ligoté, couvert de sang, l’oreille gauche partiellement tranchée, implorant ses bourreaux.
Le professeur Bell Bitjoka a confirmé devant les juges que ces fichiers provenaient du maréchal des logis Godje Oumarou Vincent, agent en fuite de la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE). Ces images ont été extraites après une analyse technique rigoureuse, sans interprétation ni jugement de valeur.
Un réseau d’exécution complexe
Le rapport forensique a révélé des échanges compromettants liant directement Justin Danwe, ancien directeur des opérations de la DGRE, à l’opération criminelle. Un circuit financier a également été mis en lumière, avec une somme de 35 millions de FCFA évoquée lors des débats. Ces éléments renforcent l’hypothèse d’un complot impliquant plusieurs acteurs institutionnels et financiers.
Cependant, l’expert a souligné qu’aucun lien technologique direct n’a encore été établi entre les téléphones de Léopold Maxime Eko Eko, ex-patron de la DGRE, et celui de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga. De nombreuses conversations avec Danwe avaient été effacées, compliquant l’enquête.
Des débats houleux et des questions persistantes
Le 2 juin, les débats ont repris dans une atmosphère lourde, marquée par les révélations de la veille. Le Ministère public et les avocats de la défense ont longuement interrogé le Pr. Bell Bitjoka, contestant parfois la méthodologie ou l’exhaustivité de son analyse. L’expert a rappelé qu’il s’en était tenu à une approche strictement technique, sans prise de position personnelle.
Les avocats des ayants droit de Martinez Zogo ont salué les avancées apportées par ce rapport, tout en émettant des réserves. Le tribunal a clos cette session tard dans la nuit, programmant les prochaines audiences pour les 22 et 23 juin 2026, afin de poursuivre l’instruction.
Une enquête en suspens
Ce procès, encore en cours, soulève des questions cruciales sur l’implication d’acteurs politiques et économiques dans l’assassinat du journaliste. Les Camerounais attendent désormais les prochaines étapes, espérant que la justice aboutira enfin à une résolution définitive.