Burundi demande une mobilisation internationale renforcée pour la stabilité de l’est de la rdc
La persistance des violences dans l’Est de la RDC et le non-respect des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington ont poussé le Burundi, à la tête de l’Union africaine, à interpeller la communauté internationale. Lors d’une rencontre diplomatique à Bujumbura, l’ambassadeur Édouard Bizimana, ministre burundais des Affaires étrangères, a exprimé son mécontentement face à l’absence de progrès tangibles malgré les efforts consentis.
Cette réunion, tenue avec son homologue congolais Floribert Anzuluni, ministre de l’Intégration régionale, a mis en lumière les tensions persistantes dans la région des Grands Lacs. Le ministre burundais a souligné que, malgré quelques retours de populations réfugiées, l’insécurité reste omniprésente, forçant de nouveaux déplacements vers les pays voisins.
un appel à l’action urgente
Dans un communiqué officiel, le Burundi a rappelé que l’Accord de Washington, parrainé par les États-Unis, n’a pas été pleinement appliqué. Édouard Bizimana a insisté sur la nécessité d’une implication accrue de la communauté internationale pour soutenir les initiatives régionales en cours, notamment celles de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs).
« Les accords signés entre la RDC et le Rwanda n’ont pas été respectés comme prévu. Plusieurs zones restent instables, ce qui aggrave la crise humanitaire. Une mobilisation renforcée est indispensable pour faire taire les armes et rétablir la paix », a déclaré le ministre burundais.
renforcement des relations bilatérales et coopération régionale
Au-delà de la question sécuritaire, les deux ministres ont évoqué d’autres sujets d’intérêt commun. Parmi eux, la construction de l’ambassade du Burundi à Kinshasa, la gestion du Secrétariat exécutif de la CIRGL, actuellement dirigée par la RDC, et la préparation du prochain sommet des chefs d’État de l’organisation.
Le ministre congolais Floribert Anzuluni a salué les efforts du Burundi dans la mobilisation de l’aide humanitaire pour les réfugiés congolais installés sur son territoire. Il a également annoncé la préparation d’une réunion de la Troïka de la CIRGL pour évaluer la situation sécuritaire et les contributions des États membres.
une alliance stratégique face à l’insécurité
Depuis mars 2023, le Burundi et la RDC sont liés par un accord bilatéral de défense. Face à l’instabilité dans l’est de la RDC et aux accusations d’ingérence rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23, Bujumbura a déployé des milliers de soldats pour épauler les Forces armées de la RDC (FARDC) et sécuriser la frontière commune.
Cette collaboration militaire s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération régionale, visant à contrer les groupes armés et à stabiliser la région. Cependant, les récents rounds de négociations, notamment à Doha et Montreux, n’ont pas abouti à une cessation durable des hostilités, chaque partie interprétant les termes de l’Accord de Washington à sa manière.
Les médiateurs internationaux, dont les États-Unis et le Qatar, peinent à faire avancer le processus de paix. La situation sur le terrain reste critique, avec des combats incessants et une population civile toujours plus vulnérable.