Le Niger s’impose comme l’épicentre d’une initiative diplomatique majeure portée par les Nations Unies. En accueillant, ce lundi, Sahle-Work Zewde, Envoyée spéciale du Secrétaire général de l’ONU, le président nigérien, le Général Abdourahamane Tiani, a positionné Niamey au cœur d’une démarche destinée à réévaluer les actions du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). Cette tournée diplomatique s’étendra bien au-delà des frontières nigériennes, incluant les États membres de la CEDEAO comme ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Niamey, étape clé d’un bilan régional
Le Niger constitue la première destination de cette mission d’évaluation du mandat de l’UNOWAS, confiée par le Conseil de sécurité des Nations Unies à Sahle-Work Zewde. Lors de son audience avec le chef de l’État nigérien, l’ancienne présidente éthiopienne a exposé les contours d’un exercice visant à évaluer l’efficacité de cette institution face à des mutations politiques et sécuritaires majeures en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
L’objectif principal ? Examiner la manière dont l’UNOWAS remplit ses missions essentielles : prévention des conflits, médiation, bons offices et coopération renforcée avec les pays de la région.
Une démarche inclusive auprès des acteurs locaux
Au-delà des échanges officiels avec les autorités nigériennes, cette mission prévoit des consultations approfondies dans plusieurs pays. Sahle-Work Zewde rencontrera les gouvernements, les forces politiques et les acteurs de la société civile pour recueillir leurs retours sur le rôle actuel de l’UNOWAS et leurs attentes pour les prochaines années.
Les contributions ainsi collectées alimenteront un rapport final, qui sera soumis au Conseil de sécurité des Nations Unies. Les conclusions de cette évaluation pourraient redéfinir les priorités et le mandat de l’institution, alors que la région fait face à des défis sécuritaires, politiques et humanitaires toujours plus pressants.
Des liens historiques avec le Niger
Lors de son entretien avec le Général Abdourahamane Tiani, Sahle-Work Zewde a évoqué ses liens de longue date avec le Niger. Elle avait déjà participé en 1993 à une mission d’observation électorale de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) dans le pays. Elle a salué les évolutions constatées depuis cette époque, tout en insistant sur la nécessité d’un dialogue constant entre l’ONU et les États de la région.
Le Niger s’engage pleinement dans le processus
À l’issue de la rencontre, le président nigérien a pris acte des objectifs de cette mission et réaffirmé l’engagement des autorités locales à participer activement à la revue stratégique de l’UNOWAS. La délégation était composée de membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), du Dr Soumana Boubacar, ministre-directeur de cabinet du président et porte-parole du gouvernement, ainsi que du conseiller en charge des questions stratégiques et diplomatiques.
Une refonte diplomatique en marche
Dans un contexte où l’Afrique de l’Ouest et le Sahel subissent des transformations géopolitiques profondes, l’ONU mise sur l’inclusivité. En choisissant le Niger comme première étape de cette revue, les Nations Unies envoient un signal clair : l’avenir et la réussite de l’UNOWAS dépendront d’une écoute attentive de tous les acteurs, de la CEDEAO à l’Alliance des États du Sahel (AES). La refonte diplomatique est désormais en marche.