Embuscade dévastatrice contre l’armée malienne près de Tabankort
Une attaque éclair fait trembler l’axe Gao-Anéfis dans le Nord malien
Les sables du Mali se sont transformés en un champ de bataille meurtrier hier, près de la localité de Tabankort. Un convoi militaire, composé de blindés lourds et de camions de ravitaillement, a été pris pour cible dans un guet-apens sanglant à Tin Araban. À la tête de cette colonne : les Forces armées maliennes (FAMa), épaulées par les instructeurs russes du groupe Africa Corps, ex-Wagner. Face à eux, une coalition hétéroclite mais redoutable, mêlant les indépendantistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), branche locale d’al-Qaïda.
Un piège tendu à 100 kilomètres d’Anéfis
Parti de Gao en début de semaine, le convoi avait pour mission de briser l’étau qui se resserre autour d’Anéfis, ville clé de la région de Kidal. Mais à mi-chemin, entre les dunes et les oueds asséchés, la colonne a été interceptée par des assaillants déterminés. Les combats, d’une intensité inouïe, ont duré des heures sous un soleil de plomb. Les échanges de tirs nourris, l’utilisation d’artillerie lourde et les frappes de drones ont transformé la zone en un enfer de poussière et de feu.
Des pertes lourdes et un silence assourdissant
Les premières informations, encore fragmentaires, laissent entrevoir un bilan humain et matériel catastrophique. Plusieurs blindés des FAMa et des véhicules russes auraient été détruits ou capturés. Des images, partiellement diffusées, montrent également des pertes importantes dans les deux camps, sans qu’aucun chiffre officiel ne soit communiqué. Pourtant, les canaux de communication des groupes armés parlent déjà de lourdes pertes, évoquant des dizaines de victimes et des équipements militaires réduits en cendres.
Côté gouvernemental, le mutisme est total. Ni la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), ni les autorités de transition à Bamako n’ont émis le moindre communiqué. Ce silence, loin d’être anodin, reflète une stratégie délibérée : masquer l’ampleur du revers subi par les forces pro-Bamako. En refusant de reconnaître la réalité d’une insécurité grandissante dans le Nord, le pouvoir en place tente de préserver une image de contrôle, quitte à occulter les faits les plus accablants.
Anéfis, un verrou stratégique au bord de l’étau
La bataille de Tabankort n’est pas qu’un simple affrontement local. Elle révèle une faille majeure dans la stratégie militaire malienne. Si la colonne ne parvient pas à rejoindre Anéfis, cette ville pourrait basculer entre les mains des groupes armés coalisés. Une telle issue aurait des conséquences dramatiques : l’isolement de la garnison, la coupure définitive de l’axe Gao-Kidal, et l’effondrement symbolique de la présence étatique dans le septentrion.
Pourtant, à Bamako, la réalité est soigneusement maquillée. Les discours officiels continuent de vanter une « progression inéluctable » des FAMa, tandis que les revers s’accumulent dans l’ombre. Entre déni et réalité, le Mali du Nord s’enfonce dans une spirale de violence dont les civils paient le prix fort.