Cartographie des services VBG à N’DJAMENA : un outil clé pour renforcer l’aide aux victimes

Un atelier d’envergure se tient actuellement à N’Djamena pour valider une étude majeure sur la cartographie des services dédiés aux victimes de violences basées sur le genre. Organisée par l’Association des féministes leaders pour l’accès aux droits et à l’équité du genre au Tchad (AFLADEGT), cette rencontre rassemble, sur deux jours, l’ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre ces violences : ministères, société civile, partenaires techniques et financiers ainsi que structures spécialisées. L’objectif ? Examiner et enrichir les résultats de cette cartographie, conçue pour optimiser l’orientation des victimes et renforcer la coordination entre les services d’assistance.
Une étude conçue pour transformer l’accompagnement des victimes
Initiée dans le cadre du projet WISH 2-WACA, cette cartographie vise à identifier les lacunes dans l’accès aux services juridiques et psychosociaux. Pour Wouténé Mélissa, présidente de l’AFLADEGT, cet outil dépasse le simple statut de document : « Il doit devenir un levier d’orientation, de coordination et de plaidoyer auprès des décideurs pour garantir que chaque victime soit dirigée vers les services adaptés en temps record. »
Lors de l’ouverture des travaux, elle a insisté sur l’urgence d’améliorer l’information des victimes et les mécanismes de référencement. Selon elle, les constats issus de l’étude permettront de formuler des recommandations concrètes : renforcer les services existants, fluidifier les parcours d’orientation et mobiliser davantage de ressources pour combler les insuffisances identifiées.
Des défis majeurs en matière d’accompagnement juridique
La directrice de la santé de la reproduction, Dr Kadidja Amadaye Abgrene, a rappelé l’ampleur des enjeux : « Les violences basées sur le genre sont une violation grave des droits humains. » Malgré les avancées législatives et la création de centres intégrés, les obstacles persistent. Elle a souligné que moins de 11 % des victimes identifiées bénéficient d’un accompagnement juridique effectif, en raison de pratiques comme les règlements à l’amiable, le manque d’information et des systèmes de référencement peu coordonnés.
L’étude révèle également une couverture inégale des services selon les arrondissements de N’Djamena, un déficit d’espaces sécurisés pour un accueil confidentiel des victimes, ainsi que des besoins criants en ressources humaines et matérielles. Ces constats serviront, selon elle, de base pour guider les décisions publiques et améliorer l’efficacité de la prise en charge.
Vers une prise en charge plus efficace et coordonnée
Les résultats de cette cartographie devraient permettre de mieux cibler les priorités : renforcer les mécanismes d’orientation, clarifier les parcours entre secteurs (sanitaire, juridique, social) et éclairer les politiques publiques en matière de lutte contre les VBG. Pour les participants, cet outil représente une opportunité unique de réorganiser l’ensemble des services afin que plus aucune victime ne soit laissée sans solution.