Bamako sous pression : les transporteurs routiers cessent leurs activités face à l’insécurité
Le secteur du transport au Mali traverse une crise majeure. Plus d’une dizaine de sociétés de transport par car ont pris la décision d’interrompre leurs rotations vers Bamako. Cette mesure radicale intervient alors que des groupes armés imposent un véritable siège routier à la capitale, allant jusqu’à incendier des véhicules de transport.
La situation sécuritaire s’est fortement dégradée suite aux offensives coordonnées lancées les 25 et 26 avril. Ces attaques, qui ont visé des points névralgiques tenus par les autorités de transition, ont été menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, ainsi que par les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA).
Depuis la fin du mois d’avril, un blocus asphyxie les principaux axes de communication de Bamako. Pour cette ville enclavée qui dépend quasi exclusivement des flux routiers pour son approvisionnement, les conséquences sont immédiates. Un responsable d’agence de transport a expliqué que cette suspension vise avant tout à protéger les voyageurs et à limiter les dégâts matériels, après que son entreprise a perdu six autocars sur l’axe menant à Ségou.
Si de nombreuses compagnies ont officiellement communiqué sur cet arrêt, d’autres agissent plus discrètement. Ces dernières craignent d’éventuelles sanctions de la part du pouvoir, qui pourrait les contraindre à maintenir leurs lignes malgré les risques. Actuellement, si les grands transporteurs ont déserté les routes, seuls quelques minibus parviennent encore à rallier la cité en empruntant des chemins de traverse.
Énergie et carburant : Bamako face aux pénuries
L’impact de cet isolement se lit désormais dans le quotidien des Bamakois. Le gasoil se faisant rare, d’importantes files d’attente de deux-roues s’étirent devant les pompes à essence. Bien que les autorités aient annoncé l’arrivée d’un convoi de 700 camions-citernes en provenance de Côte d’Ivoire, la tension reste vive, plusieurs cargaisons ayant été détruites par les assaillants ces derniers jours.
Le tableau s’assombrit également sur le front des services de base. La capitale subit des coupures d’électricité massives. Certains quartiers sont restés plongés dans le noir pendant plusieurs jours consécutifs. La société Énergie du Mali (EDM) a évoqué des incidents techniques, tandis que des sources internes pointent du doigt des actes de sabotage visant délibérément le réseau électrique national.
Cette crise énergétique entraîne par ricochet des difficultés majeures dans la distribution d’eau potable. La Société malienne de gestion de l’eau potable a d’ores et déjà prévenu que les délestages électriques perturbaient gravement le fonctionnement des infrastructures hydrauliques dans plusieurs communes de la ville.