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Thali au Cameroun : prime global energies peut-il sauver le projet pétrolier en péril ?
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Le projet pétrolier Thali au Cameroun vient de franchir un cap crucial. Après des années de retard et une trésorerie exsangue, Tower Resources, l’opérateur britannique du permis offshore, a obtenu l’autorisation présidentielle pour céder 42,5 % de ses parts à Prime Global Energies. Mais cette avancée suffira-t-elle à relancer un dossier au bord du gouffre ?

La transaction, validée par le palais d’Etoudi, s’articule autour d’un farm-out : Prime s’engage à injecter 15 millions de dollars (soit près de 8,65 milliards de FCFA) dans le programme d’exploration, en échange d’une participation majoritaire. L’objectif ? Financer le forage du puits d’appréciation NJOM-3 et, si les résultats sont concluants, développer commercialement le gisement. Mais avant de célébrer cette avancée, une étape administrative reste à franchir : l’arrêté ministériel prolongeant l’exploration et officialisant la cession.

Prime Global Energies : un partenaire technique ou un sauveur financier ?

Derrière Prime Global Energies se cache une entité britannique aux racines italiennes, autrefois connue sous le nom d’Eni Pakistan Limited. Ce changement de nom en 2024 reflète une stratégie d’expansion, mais aussi une reconversion vers des marchés africains porteurs. Son expertise dans l’amont pétrolier et gazier pourrait rassurer les autorités camerounaises sur la faisabilité du projet. Pourtant, la société n’a pas encore prouvé sa capacité à mener à bien des forages complexes en eaux profondes.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Prime ne deviendra pas l’opérateur du permis. Tower Resources Cameroon, filiale locale du groupe londonien, conservera la main sur les opérations. Le rôle de Prime se limitera à un apport financier et technique, un modèle classique dans l’industrie. Une approche prudente qui évite à Yaoundé de confier les rênes à un partenaire inconnu, tout en sécurisant les fonds nécessaires.

NJOM-3 : un forage reporté, mais une lueur d’espoir

Le calendrier du forage du puits NJOM-3 a été ajusté. Initialement prévu pour le premier trimestre 2027, il est désormais reporté au deuxième trimestre, soit entre avril et juin. Cette prolongation s’explique par la nécessité de finaliser les préparatifs logistiques et de contractualiser une plateforme de forage. Jeremy Asher, CEO de Tower Resources, précise que la compagnie examine actuellement les options disponibles sur le marché et évite de communiquer sur le sujet avant la signature d’un contrat ferme.

Malgré ce retard, une partie de l’équipement est déjà en place à Douala. Tower y a stocké des outils, dont un système permettant de suspendre le puits après les tests pour une réutilisation ultérieure en phase de production. Une anticipation qui montre la volonté de minimiser les coûts si les résultats s’avèrent prometteurs.

Une trésorerie asphyxiée : l’urgence absolue

Le coup de pouce de Prime tombe à point nommé pour Tower Resources, dont la trésorerie ne dépasse pas 66 583 dollars au 30 juin 2026, contre 2,91 millions de dollars de dettes courantes. Aucune production n’a encore été réalisée, et les dépenses s’accumulent : 453 000 dollars capitalisés au premier semestre 2026, contre 982 000 dollars l’année précédente. Ces fonds couvrent les études d’ingénierie, la planification du forage et le fonctionnement du bureau local.

Les 15 millions de dollars promis par Prime devraient permettre de boucler le budget du forage d’appréciation. Mais pour les phases suivantes – tests et éventuel développement commercial – de nouveaux financements seront nécessaires. Tower Resources devra alors se tourner vers d’autres partenaires ou lever des capitaux, une étape risquée dans un contexte économique incertain.

Un pari sur l’avenir du pétrole camerounais

Le dossier Thali incarne les défis du secteur pétrolier camerounais : retards chroniques, manque de moyens et dépendance aux investisseurs étrangers. L’arrivée de Prime Global Energies pourrait marquer un tournant, mais le succès dépendra de plusieurs facteurs :

  • La finalisation administrative de la cession, sous peine de voir le projet s’enliser dans les méandres bureaucratiques.
  • La capacité de Prime à honorer ses engagements financiers et techniques.
  • Les résultats des tests du puits NJOM-3, qui détermineront l’avenir commercial du gisement.

Si le pari est réussi, Thali pourrait devenir un symbole de la relance pétrolière au Cameroun. En cas d’échec, les retards et les coûts supplémentaires fragiliseraient un peu plus un secteur déjà sous pression.

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