Coopération Afrique de l’Ouest et Sahel : comment le Conseil de l’Entente et l’UNOWAS redéfinissent-ils la sécurité régionale ?

Un pacte inédit pour endiguer les défis sécuritaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest
Face à l’escalade des menaces transversales qui secouent le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, le Conseil de l’Entente et le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) signent à Abidjan-Cocody un accord historique. Ce Mémorandum d’Entente de trois ans, scellé comme une réponse aux crises persistantes, ambitionne de renforcer les synergies entre institutions pour une paix durable et une stabilité retrouvée.
Avec des enjeux sécuritaires, politiques et humanitaires plus pressants que jamais, cet engagement commun se veut une feuille de route stratégique. Il mise sur une coopération renforcée pour anticiper les conflits, consolider les espaces de dialogue et renforcer les capacités locales.
Trois piliers pour une paix active et inclusive
Ce mémorandum repose sur des axes prioritaires conçus pour transformer les défis en opportunités de résilience. Voici comment les deux institutions entendent agir :
1. La diplomatie préventive au cœur de l’action
La prévention des crises et la médiation deviennent les fondations de ce partenariat. Le Conseil de l’Entente et l’UNOWAS prévoient de mettre en place des consultations stratégiques régulières, des missions de bons offices et des actions de facilitation pour désamorcer les tensions avant qu’elles n’éclatent. L’objectif ? Créer un environnement propice au dialogue politique et éviter l’escalade des conflits.
2. Renforcer la résilience aux frontières et impliquer les acteurs locaux
Les zones frontalières, souvent les plus vulnérables, bénéficieront d’une attention particulière. Les deux organisations travailleront à prévenir les conflits transfrontaliers, tout en renforçant la cohésion sociale. Une part importante de cette stratégie repose sur l’inclusion des jeunes et des femmes, reconnus comme des acteurs clés pour construire une paix durable. Des programmes ciblés visent à les associer aux initiatives de paix et de reconstruction.
3. Un renforcement institutionnel pour une gouvernance efficace
L’échange d’informations, les études conjointes et l’assistance-conseil forment le troisième pilier. Cet axe vise à optimiser les capacités du Conseil de l’Entente en matière d’analyse stratégique et de gestion des crises. En mutualisant leurs expertises, les deux entités pourront proposer des solutions plus adaptées aux réalités du terrain.
Une plateforme régionale pour un rôle diplomatique accru
Le Conseil de l’Entente se positionne comme une plateforme incontournable de dialogue et de concertation régionale. Son expérience historique, remontant à 1959, en fait un acteur privilégié pour faciliter les rapprochements entre États et organisations. En cas de tensions, cette organisation pourra jouer un rôle clé dans le rapprochement diplomatique, en s’appuyant sur sa connaissance des dynamiques locales.
Cet accord prévoit également des mécanismes de suivi rigoureux : des plans de travail annuels, des points focaux désignés et des missions conjointes d’évaluation. Ces outils garantiront une mise en œuvre efficace et une adaptation permanente aux besoins du terrain.
Des déclarations qui soulignent l’urgence et l’ambition
Lors de la cérémonie de signature, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Simão, a rappelé avec force que la paix n’est jamais acquise. Pour lui, il est essentiel de maintenir les acquis là où elle existe et de la reconstruire là où elle a été ébranlée.
Leonardo Simão a salué le rôle historique du Conseil de l’Entente, soulignant que son expérience en matière de coopération sous-régionale offre un terreau fertile pour de nouvelles avancées. « L’Afrique de l’Ouest et le Sahel doivent s’unir pour faire face aux défis communs. Ce mémorandum est une étape majeure vers cette union », a-t-il insisté.
De son côté, Idi Ali, secrétaire exécutif adjoint du Conseil de l’Entente, a mis en avant l’atout que représente cette organisation pour la région. Avec des pays du Sahel et du littoral réunis sous une même bannière, le Conseil de l’Entente dispose d’une légitimité unique pour porter des initiatives de paix. Pour lui, cet accord est la preuve que l’Afrique de l’Ouest est prête à prendre en main son destin sécuritaire.