Souveraineté sanitaire au Niger : les avancées vers une afrique plus résiliente
Le Niger s’engage résolument dans une dynamique de souveraineté sanitaire, a déclaré le colonel-major Garba Hakimi, ministre de la Santé et de l’Hygiène Publiques, lors du premier sommet africain sur les systèmes de santé organisé à Dakhla (Maroc) les 28 et 29 novembre. Cet événement majeur a réuni près de 200 experts africains pour échanger sur les défis et solutions visant à renforcer l’autonomie sanitaire du continent.
une vision portée par les plus hautes autorités nigériennes
Selon le ministre Hakimi, cette ambition s’inscrit dans la stratégie nationale de santé impulsée par le Général Abdourahmane Tiani, Président de la République, ainsi que par le Premier ministre. Leurs efforts visent à transformer durablement le secteur, avec des investissements massifs dans les infrastructures sanitaires et une volonté politique affirmée.
des infrastructures sanitaires en plein essor
Le Niger a connu ces dernières années une multiplication des hôpitaux et centres de santé intégrés sur l’ensemble du territoire. Ces structures, souligne le ministre, constituent le socle d’un système de santé primaire efficace et accessible à toutes les couches sociales. « L’accès équitable aux soins passe nécessairement par des infrastructures adaptées et bien réparties », a-t-il expliqué.
investissements technologiques et formation des professionnels
Parallèlement, le pays renforce ses capacités diagnostiques grâce à l’acquisition d’équipements médicaux de pointe, financés dans le cadre de gros investissements nationaux. « Un système de santé performant ne se limite pas aux infrastructures, mais exige aussi des ressources humaines qualifiées », insiste le colonel-major Hakimi. Ainsi, des cycles de formation continue et de spécialisation sont mis en place pour les soignants, afin qu’ils maîtrisent ces nouveaux outils technologiques.
mesures sociales et gratuité partielle pour démocratiser l’accès aux soins
Le gouvernement nigérien a également mis en œuvre des mesures sociales ambitieuses : gratuité de certains actes médicaux (accouchements, soins pédiatriques pour les moins de 5 ans), réduction de 50 % des tarifs dans les structures publiques, et augmentation des budgets alloués au secteur. Ces initiatives visent à réduire les inégalités d’accès aux soins et à tendre vers une couverture sanitaire universelle, un objectif central de la politique de santé nationale.
les défis identifiés et les solutions proposées
Lors du sommet de Dakhla, les participants ont identifié plusieurs défis majeurs : la fragilité des systèmes sanitaires, les problématiques de gouvernance et les défis financiers. Pour le ministre nigérien, l’enjeu n’est pas seulement de constater ces lacunes, mais de construire des stratégies concrètes pour les surmonter. « La souveraineté sanitaire africaine est un objectif réalisable, à condition de mobiliser tous les leviers : financements, innovation et coopération régionale », a-t-il souligné.
la vision royale du Maroc : un modèle inspirant
Le sommet a également permis de saluer l’engagement du Roi du Maroc, dont la vision d’une Afrique autonome sur le plan sanitaire a été mise en avant. Le pays a notamment lancé la construction d’hôpitaux universitaires et d’académies dédiées à la formation des professionnels de santé, comme l’Académie africaine des sciences de la santé, dont le siège a été inauguré à Dakhla. « Des ressources humaines compétentes sont indispensables pour un système de santé solide », a rappelé le ministre Hakimi.
les cinq piliers de la déclaration de dakhla
La feuille de route issue du sommet s’articule autour de cinq axes stratégiques :
- Épidémiologie : surveillance renforcée des maladies et gestion des crises sanitaires.
- Capital humain et formation : développement des compétences locales et attractivité des métiers de santé.
- Recherche et innovation : promotion de solutions adaptées aux réalités africaines.
- Financement et gouvernance : mobilisation de ressources innovantes et transparence des budgets.
- Infrastructures et accès équitable : généralisation des soins de qualité sur l’ensemble du territoire.
Pour le ministre nigérien, « ces cinq piliers sont la clé pour bâtir un système de santé résilient et indépendant. La souveraineté sanitaire africaine n’est pas un rêve, mais une réalité en construction ».
vers une afrique moins dépendante des aides extérieures
Le colonel-major Garba Hakimi a martelé un message fort : « L’Afrique doit compter sur ses propres forces. La souveraineté sanitaire est possible, à condition de prioriser les investissements locaux et de réduire la dépendance aux partenaires internationaux. » Il a cité l’exemple des pays allouant 15 % de leur budget national à la santé, un seuil recommandé par l’Union africaine pour garantir un financement suffisant.
En combinant financements innovants, politiques publiques ambitieuses et coopération Sud-Sud, le Niger et ses partenaires africains montrent la voie vers une autonomie sanitaire durable. Une avancée majeure pour l’avenir du continent.