Solaire au Bénin : les quatre nouvelles centrales de 62 mwc suscitent réactions et attentes pour l’avenir énergétique

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Le Bénin vient de franchir une étape majeure dans sa transition énergétique avec la signature des accords de financement du projet IPP50, un programme ambitieux visant à doter le pays de quatre nouvelles centrales solaires. Réparties entre NatiTingou, Djougou, Parakou et Bohicon, ces installations promettent une capacité totale de 62 mégawatts-crête (MWc) pour un investissement de 45 millions d’euros. Mais au-delà des chiffres, c’est l’impact sur l’économie locale et la souveraineté énergétique qui focalisent l’attention des observateurs et des acteurs du secteur.

Un projet salué par les partenaires financiers internationaux

La mobilisation des financements a été saluée comme un signal fort de confiance dans les capacités du Bénin à porter des projets d’envergure. Sur le coût global de 45 millions d’euros, 30 millions d’euros ont été sécurisés grâce à des partenariats clés : AXIAN Energy, la Caisse des dépôts et consignations du Bénin (CDC-Bénin), l’IFC (Société financière internationale) et Proparco, filiale de l’AFD. Ces acteurs ont mis en avant l’importance de financer des énergies renouvelables pour accompagner la croissance économique du pays.

Les nouvelles centrales devraient produire près de 110 gigawattheures (GWh) d’électricité par an, une production qui pourrait couvrir les besoins d’environ 383 000 personnes. Selon les experts, cette capacité supplémentaire représenterait une hausse de 17 % de la production nationale d’ici 2035, un atout majeur pour répondre à l’augmentation de la demande.

Une réponse aux défis de l’indépendance énergétique

Le Bénin, comme plusieurs pays de la sous-région, a longtemps dépendu des importations d’électricité pour satisfaire une partie de ses besoins. Cette situation a parfois engendré des tensions sur les coûts et la disponibilité de l’énergie. Avec le projet IPP50, les autorités béninoises visent à réduire progressivement cette dépendance en développant des capacités locales de production.

Les nouvelles centrales s’inscrivent dans une stratégie plus large de diversification du mix énergétique. Le pays avait déjà mis en service la centrale solaire d’Illoulofin (50 MW) et investi dans des infrastructures thermiques à Maria-Gléta. Cette approche multisources permet de limiter les risques liés à la volatilité des prix ou aux aléas climatiques.

Les spécialistes soulignent cependant que la réduction de la dépendance aux importations ne dépend pas uniquement de la quantité d’électricité produite. Elle repose aussi sur la qualité du réseau de transport, les infrastructures de distribution et la régularité de l’approvisionnement. Un défi qui reste à relever pour garantir une énergie stable et accessible à tous.

Des retombées économiques attendues sur le terrain

Les retombées de ce projet dépassent largement le cadre énergétique. Pour les ménages, l’amélioration de la disponibilité électrique pourrait faciliter les activités commerciales, préserver les denrées alimentaires et soutenir les artisans locaux. Pour les entreprises industrielles, un accès plus fiable à l’électricité est un facteur clé de compétitivité, favorisant l’implantation de nouvelles unités ou la transformation locale des matières premières.

Avec une production de 110 GWh d’énergie renouvelable par an, le projet contribuerait également à éviter l’émission de 62 000 tonnes de CO₂ chaque année. Une avancée environnementale qui s’aligne sur les objectifs du Pacte national de l’énergie, visant à porter la part des énergies renouvelables à 30 % d’ici 2030.

Un calendrier serré pour une mise en service en 2028

La signature des accords de financement marque une étape décisive, mais le véritable défi reste l’exécution. Les centrales doivent être opérationnelles d’ici le premier trimestre 2028, un calendrier ambitieux qui exigera une coordination étroite entre les acteurs publics et privés.

Plusieurs enjeux devront être relevés :

  • La réalisation des travaux dans les quatre villes concernées ;

  • Le raccordement au réseau national pour garantir l’injection de l’électricité produite ;

  • L’exploitation durable des infrastructures pour maximiser leur impact.

Les observateurs restent prudents : produire plus d’électricité ne suffit pas. Encore faut-il s’assurer que celle-ci parvienne aux consommateurs finaux de manière fiable et à un coût maîtrisé. Le succès du projet dépendra aussi de la capacité du réseau à absorber et à distribuer cette nouvelle production.

L’avenir énergétique du Bénin en question

Avec IPP50, le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa quête de souveraineté énergétique. Après les investissements déjà réalisés dans le solaire et les infrastructures thermiques, ce projet de 45 millions d’euros confirme la volonté du pays de bâtir un modèle énergétique durable et autonome.

Les retombées promises 110 GWh supplémentaires par an, 383 000 bénéficiaires potentiels, et une réduction de la dépendance aux importations laissent entrevoir des opportunités pour les populations et les entreprises. Mais le véritable test résidera dans la capacité du pays à transformer ces engagements en réalités concrètes d’ici 2028.

Pour les autorités, l’enjeu est clair : construire un système énergétique capable d’accompagner durablement la croissance économique, la création d’emplois et la transformation locale des ressources. Sans une énergie stable et compétitive, les ambitions du pays en matière d’industrialisation risquent d’être compromises.

Le projet IPP50 ouvre ainsi une nouvelle page de la transition énergétique béninoise. Le défi désormais ? Passer des promesses aux résultats, et des financements aux infrastructures opérationnelles.

Par Alassane Djibo — Journaliste

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