L’attaque éclair menée ce samedi 31 octobre 2026 par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) à Bayman, dans la région de Mopti, a laissé les autorités militaires maliennes face à un nouveau défi sécuritaire. Revendiquant la neutralisation de plusieurs combattants et la prise d’une position stratégique tenue par des miliciens alliés au pouvoir de Bamako, le mouvement djihadiste met en lumière les limites des dispositifs de défense malgré les partenariats internationaux.
Une offensive qui révèle les failles d’un système sous pression
L’assaut contre la position de Bayman s’inscrit dans une série d’offensives menées par le JNIM contre les forces pro-Goïta, ces miliciens souvent qualifiés de « Russafricains » en raison de leur collaboration avec les contingents russes déployés aux côtés des armées maliennes. Si le bilan humain reste flou – aucun chiffre officiel n’a été confirmé –, cette attaque survient dans un contexte de recul persistant des positions gouvernementales. Les récents revers, comme celui de Dioura en septembre dernier, où plus de 100 soldats et paramilitaires russes ont péri, illustrent la vulnérabilité des dispositifs militaires malien et étranger.
Les autorités de Bamako, qui multiplient les annonces de succès en termes de neutralisations et de frappes aériennes, peinent à convaincre de l’efficacité réelle de leur stratégie. Selon leurs propres données, près de 4 800 « terroristes » auraient été éliminés et plus de 850 frappes aériennes menées depuis mai 2026. Pourtant, ces chiffres, non vérifiés de manière indépendante, contrastent avec la réalité des pertes subies et des positions perdues.
Les miliciens pro-Goïta, talons d’Achille d’une stratégie fragile
Les milices pro-gouvernementales, souvent présentées comme un rempart essentiel contre les groupes djihadistes, apparaissent aujourd’hui comme un maillon faible dans l’équation sécuritaire malienne. Leur proximité avec les forces russes, censée renforcer leur efficacité, ne semble pas suffisante pour endiguer les offensives répétées. À Bayman, leur position a été emportée sans résistance apparente, soulevant des interrogations sur leur réelle capacité à tenir les lignes de front.
Cette situation expose une contradiction majeure : comment expliquer que, malgré des moyens militaires accrus et une coopération internationale renforcée, les groupes armés continuent de menacer des points stratégiques ? La réponse pourrait résider dans la difficulté à sécuriser durablement les territoires conquis, mais aussi dans l’épuisement des ressources humaines et matérielles des forces maliennes.
Quelle issue pour les autorités de Bamako ?
Face à cette accumulation de revers, les autorités maliennes se retrouvent face à un dilemme : poursuivre la stratégie actuelle en misant sur la présence russe, ou repenser entièrement leur approche sécuritaire. L’attaque de Bayman, si elle est confirmée, pourrait marquer un tournant dans la perception de la menace djihadiste. Elle pose une question cruciale : jusqu’à quand les populations locales pourront-elles compter sur une protection efficace, alors que les groupes armés gagnent en audace et en organisation ?
Dans cette équation complexe, une chose est sûre : l’équilibre des forces sur le terrain reste précaire, et chaque nouvelle offensive du JNIM risque de fragiliser davantage la position des autorités maliennes, déjà affaiblies par des années de conflits persistants.