Sénégal : les propos d’Ousmane Sonko sur l’homosexualité et la dette publique
Sénégal : Ousmane Sonko critique l’influence occidentale sur l’homosexualité et défend sa politique économique

Dans une interview exclusive depuis Dakar, le Premier ministre a affirmé avec fermeté que Ousmane Sonko n’envisageait aucun assouplissement de la loi sénégalaise contre l’homosexualité. Il a réaffirmé sa volonté de mettre fin à la « prolifération » de ces pratiques, promettant une application stricte de la justice. « Nous ne cacherons pas les gros poissons », a-t-il lancé, quelques jours après l’arrestation de plusieurs personnalités proches du gouvernement, soupçonnées d’actes contre nature.
Cette posture intransigeante intervient alors que plus d’une centaine de personnes ont été interpellées ces trois derniers mois pour des faits présumés de transmission volontaire du VIH ou d’atteintes aux mœurs. Elle contraste avec les appels lancés par des intellectuels africains, qui réclament depuis peu un moratoire sur l’application de cette législation.
L’Occident imposerait-il ses valeurs ?
« Nous n’avons aucune leçon à recevoir » sur ces questions sociétales, a martelé le chef du gouvernement. Il dénonce une « tyrannie de l’Occident », accusé de vouloir imposer ses normes à travers le contrôle des médias et une influence culturelle grandissante. Selon lui, cette pression extérieure menace les valeurs traditionnelles du Sénégal et de l’Afrique.
Parallèlement, Ousmane Sonko a évoqué la situation économique du pays, marquée par une dette publique colossale, représentant 119 % du PIB. Bien qu’ayant reconnu la « difficulté de la conjoncture », il a défendu son plan de redressement, fondé sur une meilleure collecte fiscale et des réformes structurelles.
Le ministre des Finances, Cheikh Diba, a tenté de rassurer en déclarant que « la gestion de la dette est en cours de stabilisation ». Il a également annoncé la reprise des négociations avec le Fonds monétaire international dès la première semaine de juin, avec pour objectif d’obtenir d’ici fin juin les grandes lignes d’un nouveau programme d’accompagnement. Ces discussions avaient été suspendues en octobre 2025 en raison de divergences sur la restructuration ou non de la dette sénégalaise.