La chute accélérée de la junte malienne face aux échecs russes

Une stratégie de sécurité étrangère au service de Moscou

Le Mali vit aujourd’hui le bilan désastreux d’une alliance militaire hasardeuse avec des forces étrangères. En misant sur des mercenaires russes pour assurer sa sécurité, la junte malienne a creusé elle-même sa propre tombe. Les défaites successives face aux groupes armés, combinées aux révoltes internes, révèlent l’inanité d’une politique fondée sur l’illusion d’une puissance importée.

Kidal : l’effondrement d’un symbole de domination russe

La prise de Kidal en 2023 avait été présentée comme une victoire majeure du pouvoir malien, épaulé par les mercenaires d’Africa Corps. Pourtant, moins de trois ans plus tard, la ville est retombée aux mains des rebelles sans résistance notable. Pire encore : les forces russes n’ont pas été expulsées par la force, mais ont négocié leur retrait, laissant derrière elles un armement lourd et une réputation ternie.

Un responsable malien, sous couvert d’anonymat, a résumé l’amertume ambiante : « Nous avons été trahis à Kidal. » Cette désillusion marque un tournant dans la perception de l’engagement russe au Sahel.

L’assassinat du général Camara et l’effondrement du pouvoir

L’offensive d’avril 2026 a marqué un tournant sanglant pour Bamako. Les attaques ont atteint les villes de Kati et Bamako, culminant avec la mort du général Sadio Camara, ministre de la Défense et figure centrale de l’alliance avec Moscou. Sans ce pilier, la junte se retrouve paralysée, dans un contexte économique et humanitaire catastrophique.

Le blocus imposé par le GSIM a privé la capitale de carburant, de nourriture et de médicaments. Les écoles ferment, l’électricité devient un luxe, et le peuple malien subit les conséquences d’une guerre qu’il n’a pas choisie. Le bouclier russe promis s’est révélé une coquille vide.

Drones et frappes : une stratégie contre-productive

Pour justifier le départ des forces internationales, la junte avait vanté une armée malienne « modernisée » grâce aux drones et aux technologies russes. Pourtant, ces appareils ont surtout servi à multiplier les frappes contre des civils, exacerbant les tensions locales sans jamais pacifier le territoire.

Face à l’échec cuisant de cette approche, les mercenaires russes semblent désormais concentrés sur une seule mission : protéger physiquement le régime à Bamako. Une retraite stratégique qui sonne comme un aveu d’impuissance.

L’AES, un bouclier régional défaillant

L’Alliance des États du Sahel (AES), présentée comme une alternative régionale, est aujourd’hui réduite au silence. Sans le soutien russe, qui cherche une issue honorable à son engagement, et rejetée par la CEDEAO, la junte malienne se retrouve isolée. La population, asphyxiée par les blocus et la corruption, n’a plus confiance dans un pouvoir qui a sacrifié sa souveraineté pour une protection éphémère.

Le compte à rebours est lancé

L’alliance avec Moscou s’est transformée en piège. En sacrifiant la diplomatie, le dialogue national et les alliances traditionnelles au profit d’un contrat de sécurité privé, la junte a scellé son destin. La question n’est plus de savoir si le pouvoir tombera, mais dans combien de temps. Le vide sécuritaire qu’elle a elle-même créé risque de l’engloutir bien avant que ses parrains ne daignent lui tendre une main.