Romuald Wadagni engage une démarche diplomatique ambitieuse vers l’AES
Le Bénin amorce un rapprochement inédit avec les puissances de l’Alliance des États du Sahel
Dès son accession à la magistrature suprême, le président Romuald Wadagni a choisi d’inscrire sa diplomatie dans une logique de proximité régionale. Une tournée express l’a conduit à Niamey puis à Ouagadougou, où il a échangé en privé avec les chefs d’État nigérien et burkinabè. Cette initiative, suivie de déplacements à Lomé, Abidjan et Accra, marque une volonté de réengagement fort après des années de tensions bilatérales.
Un recentrage stratégique sur les enjeux économiques et sécuritaires
Le choix des premières destinations n’est pas anodin. Le Niger et le Burkina Faso figurent parmi les partenaires commerciaux les plus critiques pour le Bénin, tant pour les échanges de marchandises que pour la circulation des flux énergétiques. La fermeture prolongée des frontières et les restrictions commerciales avaient lourdement pesé sur l’activité du Port Autonome de Cotonou, dont le rôle de hub régional est vital pour l’économie béninoise.
Ancien titulaire du portefeuille de l’Économie, Romuald Wadagni mise sur une approche pragmatique pour débloquer les contentieux. La reprise des échanges commerciaux, notamment la réouverture du corridor nigérien et la levée des barrières sur le pipeline de Sèmè-Kpodji, constituent des priorités absolues pour relancer les flux et sécuriser les approvisionnements.
Trois priorités pour reconstruire la confiance
- Renforcer la coopération sécuritaire : La montée des attaques djihadistes aux confins du Bénin, du Burkina Faso et du Niger impose une coordination renforcée entre les armées. Le partage de renseignements et les opérations conjointes seront au cœur des discussions.
- Relancer les échanges commerciaux : La normalisation des relations avec Niamey permettrait de rétablir un transit fluide des hydrocarbures et des denrées, essentiel pour l’équilibre économique régional.
- Médier entre les blocs ouest-africains : Après ses escales sahéliennes, le président béninois se rendra dans les capitales de la CEDEAO pour jouer un rôle d’apaisement et éviter une scission durable entre les différentes alliances régionales.
Une diplomatie de l’action face aux défis régionaux
Si cette démarche suscite un optimisme mesuré parmi les acteurs économiques et les analystes, les obstacles restent nombreux. Les contentieux accumulés ces dernières années ne se résoudront pas par de simples déclarations d’intention. La reprise de la confiance exige des actes concrets, notamment sur le plan sécuritaire et commercial.
Néanmoins, en engageant cette tournée dès les premiers jours de son mandat, Romuald Wadagni envoie un signal fort : celui d’une diplomatie proactive, tournée vers le réalisme et l’intérêt national. Une approche qui pourrait redessiner les équilibres sous-régionaux dans un contexte marqué par les bouleversements politiques et sécuritaires.