Rôle des femmes en politique au Bénin : avancées et défis persistants
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rôle des femmes en politique au Bénin : avancées et défis persistants

La nomination historique de la capitaine Elvire Toupé comme aide de camp du président romuald wadagni marque un tournant symbolique. Pourtant, malgré cette reconnaissance, la place des femmes dans les instances politiques béninoises reste limitée.

Monument dédié aux Amazones du Dahomey à Cotonou

Lors de sa première réunion de gouvernement, le président béninois romuald wadagni a nommé la capitaine elvire toupé au poste d’aide de camp. Une première depuis l’indépendance du Bénin, proclamée le 1ᵉʳ août 1960. Cette femme officier, issue de la Garde républicaine, incarne désormais un symbole fort pour les femmes béninoises aspirant à des responsabilités politiques.

Cette décision a suscité l’enthousiasme de plusieurs observateurs. Régis hounkpè, spécialiste en géopolitique et directeur d’InterGlobe Conseils, y voit une source d’inspiration majeure :

« Les Amazones du Dahomey ont marqué l’histoire par leur courage et leur détermination. Cette nomination rappelle leur héritage et montre que les femmes peuvent occuper des rôles clés dans la sphère publique. Les jeunes filles béninoises s’identifient à ces figures emblématiques, qui redéfinissent les normes sociales. »

Un héritage historique qui inspire l’action politique

Wuldath moussa mama, journaliste spécialisée sur les questions de genre, lie cette nomination au passé glorieux des Agodjié, ces guerrières d’élite du royaume du Dahomey. Pour elle, cette décision interroge : s’agit-il d’une exception ou d’un signal fort en faveur de l’émancipation féminine ?

« Les Amazones étaient un corps militaire d’exception, aux côtés des souverains. Aujourd’hui, cette nomination peut-elle ouvrir la voie à une plus grande représentation des femmes dans les institutions ? C’est une question légitime, surtout quand on observe le faible nombre de femmes dans les instances décisionnelles. »

Une représentation féminine encore insuffisante

Le gouvernement de romuald wadagni compte six femmes sur 23 ministres, un chiffre légèrement supérieur à celui du précédent exécutif dirigé par patrice talon (cinq femmes sur 23 membres). Pourtant, malgré la vice-présidence occupée par mariam chabi talata zimé yérima depuis 2021, certains observateurs soulignent que ce rôle reste principalement protocolaire.

À l’Assemblée nationale, la situation n’est pas plus encourageante : sur 109 sièges, seules 28 sont occupés par des femmes (25,7 %), un taux identique à la législature précédente. Ce chiffre s’explique en partie par le code électoral, qui impose un siège par circonscription aux candidates. Pourtant, quatre femmes ont été élues en dehors de ce quota, preuve que les partis politiques peinent à promouvoir l’égalité.

« Le système des quotas a permis d’augmenter le nombre de femmes élues, mais cela ne suffit pas, explique wuldath moussa mama. Il faut aussi travailler sur l’inclusion réelle au sein des partis, en offrant aux femmes des formations et des responsabilités adaptées. »

Malgré ces avancées symboliques, la route vers une parité effective reste longue pour les femmes béninoises en politique.