Réforme sur la déclaration de patrimoine au Sénégal : un référendum en question
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Révision de la déclaration de patrimoine : le Sénégal face à un choix historique

L’adoption d’une loi renforçant la transparence des avoirs des dirigeants relance le débat sur son adoption définitive.

Sénégal, Dakar 2025 | Le Premier ministre Ousmane Sonko s'exprime devant l'Assemblée nationale sur le coût de la vie

Une étape majeure vient d’être franchie dans la quête de transparence au Sénégal. Le 17 août 2026, les députés ont massivement approuvé une réforme constitutionnelle exigeant que les trois plus hautes autorités de l’État — le président de la République, le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale — déclarent leur patrimoine non seulement en début de mandat, mais aussi à son terme. Cette obligation, déjà inscrite dans la Constitution depuis 2001, se voit désormais renforcée par un cadre légal plus strict.

Le texte, adopté par 133 voix sur 165, impose un délai de trois mois pour le dépôt des déclarations auprès du Conseil constitutionnel. Une avancée saluée par le Pastef, parti au pouvoir dirigé par Ousmane Sonko, qui y voit un outil essentiel pour lutter contre l’enrichissement illicite et le détournement de fonds publics.

« Cette mesure doit permettre aux citoyens de mieux contrôler l’action de leurs dirigeants et de garantir une gestion saine des deniers publics », explique Ansoumana Sambou, membre du Secrétariat national à la communication du Pastef. « Présenter son patrimoine de manière transparente, à l’entrée comme à la sortie d’un mandat, est un gage de sérieux pour toute démocratie. »

Un référendum pour valider la réforme

Malgré son adoption parlementaire, la réforme ne sera pas appliquée sans un ultime scrutin. Le président de la République a décidé, conformément à l’article 103 de la Constitution, de soumettre le texte à un référendum populaire. Une décision justifiée par le ministre de la Justice, Moussa Sarr, comme une étape nécessaire pour ancrer cette réforme dans une perspective constitutionnelle élargie.

Pourtant, cette perspective suscite des interrogations. Certains observateurs, comme l’analyste Moussa Diaw, s’étonnent de ce choix : « Pourquoi recourir à un référendum coûteux alors que le principe de la déclaration de patrimoine ne fait l’objet d’aucune contestation ? Le Sénégal traverse une période économique difficile ; chaque franc dépensé compte. »

Ansoumana Sambou, du Pastef, partage ce scepticisme : « Cette réforme est soutenue par l’ensemble de la population. Les Sénégalais comprennent parfaitement l’utilité de déclarer ses avoirs, quel que soit le poste occupé. Le référendum apparaît comme une manœuvre inutile. »

Un enjeu politique qui dépasse la transparence

La déclaration de patrimoine n’est plus seulement un dossier technique. Elle devient le terrain d’une bataille politique entre le Pastef d’Ousmane Sonko et les partisans du président Bassirou Diomaye Faye. Les prochains débats parlementaires, notamment sur les crédits spéciaux souvent critiqués pour leur opacité, promettent d’être vifs.

Alors que le référendum se profile, la question reste entière : les Sénégalais valideront-ils cette réforme, ou verront-ils dans cette consultation un détour inutile pour une mesure déjà consensuelle ?