Rabat réunit les fintechs et les banques autour de l’IA et des paiements numériques

La Tour Mohammed VI de Rabat a accueilli, ce mardi, la troisième édition du « Visa Fintech Day ». L’événement a rassemblé les principaux acteurs de l’écosystème financier marocain pour discuter d’innovation, de paiements numériques et d’inclusion financière.

Organisé par Visa en partenariat avec le Morocco Fintech Center (MFC), l’Agence de Développement du Digital (ADD) et Technopark, cette journée a vu la participation de représentants publics, de régulateurs, de banques, de fintechs, d’investisseurs et d’entreprises technologiques. L’intelligence artificielle et son potentiel transformateur pour les services financiers ont été au cœur des débats.

Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, a ouvert les travaux en insistant sur le rôle de l’IA dans l’accélération d’une transformation numérique inclusive. Un échange notable a eu lieu entre Sami Romdhane, Country Manager de Visa au Maroc, et Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, sur l’impact de la digitalisation sur l’économie nationale.

Les intervenants ont souligné la contribution croissante des technologies numériques à la modernisation du tissu économique marocain, en particulier pour les petites et moyennes entreprises. Les paiements numériques, l’exploitation des données et les outils basés sur l’IA sont désormais perçus comme des leviers essentiels de compétitivité et de développement.

Le Maroc mise sur l’IA pour accélérer sa transformation financière

Un livre blanc sur l’écosystème fintech marocain a été présenté lors de cette édition. Réalisé conjointement par Visa et le Morocco Fintech Center avec la collaboration de plusieurs institutions, ce document vise à servir de référence pour les investisseurs, les professionnels du secteur et les décideurs publics.

Le rapport formule plusieurs recommandations pour accélérer l’innovation financière au Maroc, notamment le développement de « sandboxes » réglementaires pour tester de nouveaux services en toute sécurité, la standardisation des intégrations technologiques entre acteurs, le renforcement des mécanismes de financement des startups et un usage accru de l’IA et de l’analyse de données pour favoriser l’inclusion financière.

L’événement a également mis en avant le programme Visa Africa Fintech Accelerator. Lancé dans le cadre de l’engagement du groupe d’investir un milliard de dollars en Afrique d’ici 2027, ce programme accompagne les startups fintech du continent via un cursus intensif de douze semaines.

Startups, banques et régulateurs : une collaboration en pleine maturation

Depuis son lancement, l’accélérateur a soutenu 104 fintechs africaines réparties sur six promotions. Leur valorisation cumulée dépasse 1,4 milliard de dollars. Dix startups marocaines ont déjà bénéficié du programme, accédant à un accompagnement stratégique, à l’infrastructure technologique de Visa et à des opportunités de financement.

Lors de cette troisième édition, deux startups marocaines de la dernière cohorte ont été mises à l’honneur. Elles développent des solutions basées sur l’IA et l’exploitation des données pour répondre à des problématiques structurelles du secteur financier.

Sami Romdhane a noté que cette évolution reflète la maturité croissante de l’écosystème national. Selon lui, les fintechs marocaines privilégient désormais une logique de collaboration avec les banques et les régulateurs plutôt qu’une approche de rupture. Visa entend accompagner cette dynamique en mettant à disposition ses infrastructures technologiques et son expertise mondiale pour soutenir l’innovation financière et élargir l’accès aux services financiers au Maroc.