Le Cameroun obtient un financement majeur pour le corridor Douala-Bangui
Une étape décisive est franchie pour la réhabilitation du corridor routier Douala-Bangui, un axe stratégique de 800 kilomètres reliant le Cameroun à la République centrafricaine. La Banque Mondiale a récemment annoncé l’octroi d’un premier financement de 425 millions de dollars américains. Ce montant initial marque le coup d’envoi des travaux prévus pour l’année prochaine sur cette artère vitale, essentielle au commerce régional. Actuellement en piteux état, cette route est le point de passage de 80 % des marchandises destinées à la République centrafricaine et de 70 % de celles acheminées vers le Tchad.
L’objectif principal de l’aménagement du corridor économique Douala-Bangui est de moderniser et d’automatiser les systèmes de pesage, tout en réduisant significativement les délais de transport des marchandises entre les deux nations. Donnat Takueté, directeur général des études au ministère des Travaux publics, a détaillé le fonctionnement : « Il y aura un dispositif de présélection installé sur la voie. Seuls les véhicules soupçonnés de surcharge seront dirigés vers la station de pesage, où les opérations s’effectueront de manière automatique. Les amendes éventuelles seront enregistrées et le reçu imprimé instantanément. »
Actuellement, le trajet de 1 400 kilomètres entre Douala, au Cameroun, et Bangui, en République Centrafricaine, peut prendre entre 9 et 12 jours. Cette durée excessive est principalement due au mauvais état de la chaussée, mais aussi aux nombreuses tracasseries administratives, notamment les 17 postes de contrôle informels qui jalonnent le parcours. C’est pourquoi la Banque Mondiale a décidé de concentrer ses premiers investissements sur le tronçon camerounais.
Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre de la Banque Mondiale, a précisé l’allocation des fonds : « Pour cette phase initiale de financement, le Cameroun bénéficiera d’un montant de 425 millions de dollars. La République Centrafricaine recevra également 90 millions de dollars, et la Cemac bénéficiera d’un soutien régional pour préparer les étapes futures de ce projet d’envergure. »
Un projet d’envergure sur plusieurs années
Du côté camerounais, le programme prévoit la reconstruction de routes et la réhabilitation d’autres sections afin de fluidifier le trafic vers la République Centrafricaine. Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics, a énuméré les segments concernés : « La reconstruction de la route Yaoundé-Douala sur 215 kilomètres, la réhabilitation de la section Yaoundé-Bonis-Ayos sur 332 kilomètres, et la réhabilitation du tronçon Bonis-Bertoua. C’est un programme de mise à niveau de 800 kilomètres de routes, conçu pour répondre aux besoins de notre économie. »
L’aménagement du corridor économique Douala-Bangui est un projet qui s’étalera sur plusieurs années. Il est estimé qu’il générera entre 2 000 et 4 000 emplois, tant directs qu’indirects, contribuant ainsi au développement économique de la région.