PawaPay : l’infrastructure qui révolutionne l’accès au mobile money en afrique
Ismaël Kouassi, directeur Côte d’Ivoire de PawaPay, décrypte le rôle clé d’une fintech dans l’économie numérique africaine
Ismaël Kouassi, directeur Côte d’Ivoire de PawaPay : « Une plateforme d’interconnexion des acteurs pour simplifier les paiements mobiles en Afrique »
La Côte d’Ivoire et l’UEMOA figurent parmi les zones les plus dynamiques du continent en matière de paiements numériques. Portée par une adoption massive du mobile money, une interopérabilité renforcée via des infrastructures comme la plateforme PI-SPI de la BCEAO, et un écosystème financier en pleine mutation, la région s’impose comme un terrain privilégié pour les acteurs de la fintech. Dans ce paysage en mutation, PawaPay se positionne comme une infrastructure technologique essentielle, permettant aux entreprises, banques et PME de se connecter à plusieurs écosystèmes de paiement via une seule intégration.
Son objectif ? Simplifier les transactions, les versements, le suivi des flux financiers et la gestion de trésorerie pour les acteurs économiques africains. Ismaël Kouassi, à la tête de PawaPay en Côte d’Ivoire, souligne que la complémentarité entre banques et mobile money sera un moteur clé de la croissance financière des prochaines années, notamment pour les petites et moyennes entreprises.
Une infrastructure pour unifier les écosystèmes de paiement
PawaPay se présente comme un facilitateur technologique, offrant aux entreprises un accès simplifié à l’économie du mobile money en Afrique. Avec plus de 2 000 milliards de dollars de transactions traitées via le mobile money en 2025 selon la GSMA, cette solution n’est plus un simple outil de paiement, mais une infrastructure financière incontournable pour le commerce africain.
Concrètement, PawaPay permet à une entreprise de transfert d’argent d’envoyer des fonds vers des portefeuilles mobiles, à un fournisseur d’accès internet de collecter des abonnements, ou encore à une plateforme de mobilité urbaine de payer ses chauffeurs. La société fournit la couche technologique qui orchestré les paiements, les versements, la réconciliation des transactions et la gestion des flux financiers.
Les responsabilités sont clairement définies :
- PawaPay : gestion des intégrations, orchestration des transactions, suivi des flux et réconciliation.
- Opérateurs de mobile money : gestion des comptes clients et émission de monnaie électronique.
- Banques : services bancaires, conservation des fonds et conformité réglementaire.
- Régulateurs : supervision et garantie de l’intégrité du marché.
Une expansion stratégique guidée par la demande et l’écosystème
Dès son lancement, PawaPay a ciblé les marchés où le mobile money joue un rôle central dans l’activité économique quotidienne. Aujourd’hui, son développement est guidé par trois critères principaux :
- La demande des clients : les entreprises comme Bolt, Yango ou GiveDirectly, opérant à l’échelle continentale, influencent directement les priorités d’expansion.
- La solidité de l’écosystème local : les marchés où le mobile money, le commerce numérique et les services financiers sont en forte croissance sont privilégiés.
- Le potentiel de partenariats à long terme : la construction d’une couverture cohérente et fiable sur plusieurs années est essentielle pour offrir une valeur durable aux entreprises.
L’UEMOA et la Côte d’Ivoire : un hub incontournable pour la fintech
L’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) s’impose comme l’une des régions les plus actives au monde en matière de paiements numériques, avec près de 500 milliards de dollars de transactions mobile money en 2025 et plus de 517 millions de comptes enregistrés. La Côte d’Ivoire, première économie de l’UEMOA, se distingue particulièrement : plus de 28 millions de comptes mobile money y sont enregistrés, dont 13 millions actifs.
Plusieurs facteurs expliquent cet essor :
- Des infrastructures financières régionales performantes, comme la plateforme PI-SPI de la BCEAO, qui interconnecte plus de 80 institutions (banques, établissements de monnaie électronique, microfinance).
- Un secteur bancaire profond et dynamique, couplé à une adoption massive du mobile money.
- Un dynamisme entrepreneurial et une position géographique stratégique pour Abidjan, centre économique régional.
Pour une infrastructure panafricaine comme PawaPay, la Côte d’Ivoire représente un carrefour idéal : une décision prise ici peut impacter plusieurs pays de la région, renforçant ainsi l’intégration économique.
Les bénéfices concrets pour les banques et les PME
Collaborer avec une infrastructure comme PawaPay permet aux banques de simplifier leur accès à plusieurs écosystèmes de paiement via une seule connexion. Les avantages sont multiples :
- Amélioration de la visibilité sur les flux financiers et facilitation de la gestion de trésorerie.
- Élargissement de la capacité à servir les clients, notamment les PME qui collectent déjà leurs paiements via le mobile money.
- Renforcement de l’offre de services financiers pour les entreprises en croissance.
- Optimisation des coûts grâce à une intégration unique.
Selon la GSMA, les transferts entre comptes bancaires et portefeuilles mobiles ont atteint environ 167 milliards de dollars en 2025, illustrant l’importance croissante de cette complémentarité.
Les leviers de croissance du mobile money d’ici 2030
L’écosystème du mobile money en Afrique connaît une croissance tirée par plusieurs segments :
- Les paiements marchands, dont le volume a progressé de plus de 40 % en 2025, devenant l’un des segments les plus dynamiques.
- Les services numériques (abonnements internet, transport, éducation, commerce de détail).
- Les paiements transfrontaliers, qui continueront de croître à mesure que les entreprises africaines étendent leur activité.
- L’e-commerce et les solutions B2B, portés par l’inclusion financière en hausse.
Avec un taux d’inclusion financière passé de 56 % à 71 % entre 2018 et 2022 dans l’UEMOA, principalement grâce au mobile money, l’Afrique s’oriente vers une économie où le numérique devient un outil du quotidien.
Coopération réglementaire et interopérabilité : les clés d’un avenir panafricain
Les accords de reconnaissance mutuelle des licences, comme celui entre le Ghana et le Rwanda, reflètent une tendance de fond : les régulateurs africains cherchent à harmoniser leurs cadres pour soutenir la croissance transfrontalière. Bien que les approches varient (cadre harmonisé de l’UEMOA, initiatives comme PAPSS), cette volonté de collaboration est un signal fort pour l’avenir.
Pour Ismaël Kouassi, l’objectif ultime est de construire un réseau africain de paiements fluide et interopérable. Les prérequis pour y parvenir sont multiples :
- Une collaboration accrue entre opérateurs, banques, infrastructures et régulateurs.
- Le renforcement des infrastructures (mobile money, services financiers numériques, interopérabilité).
- La résolution des enjeux transfrontaliers : gestion des devises, conformité, lutte contre la fraude, gouvernance.
L’interopérabilité ne doit pas se limiter à la rapidité des transactions, mais doit soutenir le commerce, les échanges et la participation économique à l’échelle du continent.
PawaPay, acteur clé du hub ivoirien et régional
En tant qu’infrastructure, PawaPay joue un rôle central dans le développement du hub régional de la Côte d’Ivoire. Son objectif ? Réduire les frictions techniques, réglementaires et opérationnelles pour les entreprises souhaitant s’étendre en Afrique.
Grâce à une seule plateforme, les acteurs économiques peuvent accéder rapidement à plusieurs marchés, facilitant ainsi l’investissement, l’innovation et l’intégration régionale. Ismaël Kouassi souligne que la prochaine étape du développement financier africain sera à la fois numérique et profondément panafricaine.
En résumé, PawaPay incarne cette vision : une Afrique où les entreprises, les banques et les fintechs peuvent opérer facilement à l’échelle continentale, transformant le mobile money en un levier de croissance économique durable.