Mali : le Jnim exploite les mines d’or pour alimenter sa guerre
Au Mali, des jihadistes du Jnim contrôlent les sites aurifères pour financer leurs opérations. © JINM

Des orpailleurs chinois pris pour cibles par les groupes armés

Depuis plusieurs mois, les travailleurs chinois exploitant les mines d’or au centre du Mali subissent une pression croissante de la part du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim). Ces attaques, loin d’être anodines, s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à saper l’économie locale tout en alimentant les caisses des jihadistes. Les chiffres officiels révèlent une hausse alarmante des rançons extorquées, transformant ces sites en véritables zones de non-droit.

Un système de financement jihadiste bien rôdé

Le Jnim, affilié à Al-Qaïda, a su exploiter les failles de sécurité pour imposer son emprise sur les ressources aurifères. Les orpailleurs, majoritairement chinois, deviennent des otages économiques malgré eux. « Ils n’ont d’autre choix que de payer pour continuer leurs activités, sous peine de subir des représailles violentes », confie un responsable minier sous couvert d’anonymat. Les montants exigés varient selon l’importance des sites, mais oscillent généralement entre plusieurs centaines de milliers et plusieurs millions de francs CFA.

Les méthodes employées par les jihadistes sont aussi variées qu’efficaces :

  • Enlèvements express : des équipes armées interceptent les convois ou les travailleurs isolés avant de les retenir pour négocier des rançons.
  • Blocus des sites : certains gisements sont encerclés, coupant toute sortie aux équipes et paralysant la production.
  • Menaces directes : des messages intimidants sont diffusés aux responsables locaux, les sommant de cesser toute collaboration avec les étrangers.

L’or du Mali, une manne financière pour le terrorisme

Le secteur minier, particulièrement l’extraction d’or, représente une source de revenus inestimable pour le Mali. Pourtant, cette richesse naturelle se transforme en arme redoutable entre les mains des groupes armés. Les recettes issues des rançons permettent au Jnim de recruter, s’équiper et lancer des offensives contre les forces gouvernementales et internationales.

Les autorités maliennes, déjà en difficulté face à l’insécurité chronique, peinent à endiguer ce phénomène. « Le problème dépasse les frontières. Sans une coordination régionale solide, ces groupes continueront de prospérer », souligne un analyste en sécurité. Les mines du centre du pays, notamment dans les régions de Mopti et Ségou, sont devenues des zones à haut risque où chaque transaction peut basculer en drame.

Quelles solutions pour briser ce cycle ?

Face à cette situation, plusieurs pistes sont envisagées pour limiter l’influence des jihadistes :

  • Renforcement des patrouilles : une présence militaire accrue autour des sites miniers pourrait dissuader les attaques.
  • Collaboration internationale : des échanges d’informations entre pays sahéliens pourraient affaiblir les réseaux logistiques des groupes armés.
  • Alternatives économiques : soutenir les populations locales dans des activités moins vulnérables aux pressions extérieures.

Le Mali, déjà fragilisé par une décennie de crise, doit désormais faire face à un défi supplémentaire : protéger ses ressources tout en privant les groupes armés de leurs principaux revenus. Une bataille qui s’annonce aussi cruciale que complexe.