Rencontre historique entre Macky Sall et Bassirou Diomaye Faye à Dakar

Le retour à Dakar de Macky Sall, même pour une courte durée, s’annonce comme un moment politique majeur pour le Sénégal. L’ancien président a confirmé via ses réseaux sociaux, mardi 14 juillet 2026, son déplacement prévu pour le vendredi 17 juillet afin de s’entretenir avec le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Bien que présenté comme un séjour bref, cet entretien dépasse largement le cadre d’une simple visite protocolaires.

L’ordre du jour de cette rencontre est centré sur la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). L’ancien président, en exil discret depuis la fin de son mandat, cherche à obtenir un soutien officiel de Dakar pour assoir sa démarche internationale. Sans ce feu vert sénégalais, ses chances de succès dans cette course au Palais de verre s’amenuisent considérablement.

Une candidature onusienne conditionnée par Dakar

Le processus de désignation du secrétaire général de l’ONU repose sur des règles diplomatiques strictes. Un candidat ne peut espérer progresser sans l’appui formel de son pays d’origine, préalable indispensable avant toute négociation au Conseil de sécurité. Pour Macky Sall, obtenir l’aval de Bassirou Diomaye Faye représente donc l’étape fondatrice d’une aventure qui, si elle aboutit, s’étalera sur plusieurs mois de négociations à New York.

Le calendrier diplomatique ajoute une dimension cruciale à cette candidature. Le mandat d’António Guterres prendra fin à la fin de l’année 2026, et la rotation géographique, principe informel régissant les désignations, pourrait cette fois favoriser un candidat africain. En effet, aucun Africain n’a occupé ce poste depuis Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan. Le Sénégal dispose ainsi d’une opportunité historique, à condition que ses dirigeants actuels acceptent de soutenir une candidature issue d’un ancien adversaire politique.

Une entrevue lourde de symboles politiques

Les relations entre Macky Sall et Bassirou Diomaye Faye restent marquées par le contexte de l’alternance. Le président en exercice, arrivé au pouvoir après une campagne marquée par son incarcération, incarne une rupture claire avec l’héritage politique de son prédécesseur. Les audits et procédures judiciaires engagés contre d’anciens proches du régime Sall ont contribué à alimenter une tension persistante entre les deux camps.

Dans ce contexte, la rencontre du 17 juillet dépasse la simple question de la candidature onusienne. Elle soulève également des interrogations sur le rôle futur de l’ancien président dans la vie politique nationale, les garanties éventuelles pour son entourage, ainsi que la stratégie diplomatique du Sénégal à l’approche d’échéances internationales déterminantes. La brièveté annoncée de ce déplacement suggère que les deux hommes visent avant tout à encadrer un sujet précis, sans ouvrir de dialogue politique plus large.

Un défi pour la diplomatie sénégalaise

Pour Bassirou Diomaye Faye, cette décision représente un arbitrage complexe. Appuyer la candidature de Macky Sall renforcerait le poids diplomatique de son prédécesseur tout en offrant au Sénégal une position clé sur la scène mondiale. À l’inverse, un refus ou un report affaiblirait durablement les ambitions de l’ancien président et risquerait de susciter des critiques, tant auprès des partenaires africains qu’au sein de l’opinion publique sénégalaise, attachée au rayonnement international du pays.

Le Sénégal joue également sa crédibilité auprès de l’Union africaine, dont le soutien collectif à un candidat unique sera déterminant pour influencer les délibérations du Conseil de sécurité. Aucune déclaration officielle n’a encore été rendue publique par la présidence sénégalaise concernant cette démarche, l’exécutif privilégiant visiblement une communication discrète avant l’entretien.

Quels que soient les résultats de cette entrevue, elle marquera la première confrontation publique entre les deux hommes depuis la transition d’avril 2024. Elle pourrait également ouvrir une phase de normalisation politique, essentielle alors que les réformes économiques et institutionnelles portées par le duo Faye-Sonko nécessitent un environnement apaisé. Ce rendez-vous du 17 juillet s’annonce donc comme un événement à fort enjeu, bien au-delà de sa durée annoncée.