Le 14 juin, les Forces armées maliennes (FAMa) ont révélé avoir mené une opération aérienne décisive, aboutissant à la neutralisation d’un acteur jihadiste de premier plan. Ce cadre influent du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, identifié sous les pseudonymes d’Oumar Kéréna, Farouk et Housseini Mawdo, a été éliminé le 3 juin. La frappe de drone a ciblé Mougnan, une localité stratégique à environ quarante kilomètres de Djenné, dans la région centrale du Mali.
Décrit par les autorités maliennes comme un ancien du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), l’individu avait gravi les échelons pour devenir une figure d’autorité et un responsable influent au sein des mouvances jihadistes actives non seulement au Mali, mais également dans l’ensemble de la région.
Rôle prépondérant au sein des réseaux jihadistes régionaux
Selon les informations émanant des forces armées, ce chef jihadiste avait initialement commandité des opérations dans la zone de Serma avant de superviser des actions armées dans diverses localités des régions de Sikasso et de Koutiala au Mali, et même au-delà, dans certaines parties du Burkina Faso. L’État-major souligne son rôle pivot dans la structuration et la coordination des cellules affiliées au JNIM, la coalition jihadiste dominante au Sahel, reconnue pour ses liens avec Al-Qaïda.
L’intensification de la stratégie sécuritaire de Bamako
Cette opération d’envergure s’inscrit dans un contexte de durcissement de la politique sécuritaire malienne. Le 4 juin, le gouvernement de Bamako avait en effet introduit un dispositif inédit : des primes financières considérables, pouvant atteindre deux milliards de francs CFA, offertes en échange d’informations cruciales menant à la localisation ou à l’arrestation de plusieurs figures majeures de groupes armés et terroristes. La récompense la plus élevée est spécifiquement dédiée à Iyad Ag Ghali, désigné comme la personnalité la plus activement recherchée sur le territoire malien.
Cette action militaire récente met en lumière l’intensification de la riposte de Bamako contre les groupes jihadistes. Elle survient alors que le pays fait face à une augmentation des attaques armées et à des défis sécuritaires persistants qui affectent plusieurs régions du Mali et, plus largement, la sécurité au Sahel.
