Les non-dits de la publication de l’Africa Corps sur Kidal : entre recul et pacte secret au Mali
Un examen approfondi d’une récente publication émanant des alliés russes, l’Africa Corps, révèle bien plus que de simples considérations militaires. Cette communication dissimule une vérité politique potentiellement dévastatrice, annonçant un virage stratégique majeur concernant le Nord du Mali. Deux scénarios principaux émergent, bouleversant l’actualité Sahel.
Hypothèse 1 : l’Africa Corps pourrait se désolidariser d’Assimi Goïta
Le président de la transition malienne, Assimi Goïta, a bâti une part significative de son soutien populaire sur un engagement clair : reconquérir et sécuriser l’intégralité du territoire national, Kidal en tête. Cette ville représentait bien plus qu’un simple point géographique ; elle incarnait la fierté et la souveraineté maliennes.
La récente déclaration de l’Africa Corps minimisant l’importance de Kidal, la qualifiant de zone à « éviter », sape directement l’autorité du président Goïta. Si les forces russes venaient à se désengager de la bataille pour Kidal, elles exposeraient le gouvernement de Bamako à l’impossibilité de tenir ses promesses. Ce désengagement marquerait le début d’un potentiel abandon politique, avec des répercussions sur la politique Mali.
Hypothèse 2 : un accord secret avec le FLA et le JNIM en cours d’application ?
L’analyse du discours de l’Africa Corps suggère une autre lecture, plus troublante : et si cette communication était en réalité la justification d’un pacte secret déjà scellé avec les groupes armés du Front de Libération de l’Azawad (FLA) et les djihadistes du JNIM ? Une telle entente redéfinirait la sécurité Sahel.
Afin de légitimer le retrait ou la cession de territoires à ces factions armées sans paraître céder, la communication russe emploie une rhétorique habile : « Nous n’avons pas perdu, nous évitons simplement un piège désertique. » Derrière cette affirmation, la dévalorisation de Kidal pourrait bien servir à préparer l’opinion publique à une forme de cohabitation ou à un partage territorial déjà orchestré en toute discrétion.
Cette prise de position de l’Africa Corps met en lumière l’échec du plan initial. La reconquête n’est manifestement plus à l’ordre du jour pour les partenaires russes. Deux pistes s’esquissent : soit ils se distancient de la posture intransigeante d’Assimi Goïta pour sauvegarder leurs propres intérêts stratégiques au Sahel, soit ils officialisent, par ce biais, une entente de non-agression qui équivaudrait à un abandon du Nord du Mali aux mains des rebelles et des groupes islamistes. Cela aurait des implications majeures pour la politique Mali, Burkina, Niger et la sécurité de toute la région.