La République Démocratique du Congo face à une flambée d’Ebola d’une intensité préoccupante

La République Démocratique du Congo (RDC) traverse une période critique, confrontée à une recrudescence de l’épidémie d’Ebola qui s’intensifie à un rythme alarmant. Les autorités sanitaires du pays ont recensé un total de 3 874 cas confirmés, dont 1 751 décès, depuis le début de cette nouvelle flambée. Cette situation évoque la précédente épidémie, particulièrement dévastatrice entre 2018 et 2020, qui avait causé près de 2 300 décès pour environ 3 500 personnes infectées.

Le directeur général de l’OMS en RDC pour une évaluation urgente

Face à cette crise sanitaire, le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, est arrivé à Kinshasa, la capitale congolaise. Son programme incluait des discussions cruciales avec le président congolais, Félix Tshisekedi. Ce déplacement marque une nouvelle intervention du chef de l’OMS, qui s’était déjà rendu fin mai dans la province de l’Ituri, au nord-est du pays, épicentre de l’actuelle flambée où près de 90 % des cas ont été enregistrés.

Un variant sans vaccin ni traitement et des régions vulnérables

L’épidémie actuelle est causée par le variant Bundibugyo, pour lequel, à ce jour, aucun vaccin ou traitement spécifique n’est disponible. La propagation est d’autant plus préoccupante qu’elle touche des zones où la présence étatique est limitée et les infrastructures de santé sont précaires. Un porte-parole de l’OMS, Tarik Jasarevic, a souligné depuis Genève que « l’épidémie continue malheureusement de se propager à un rythme qui dépasse les capacités de réponse ». Il a lancé un appel pressant pour un soutien financier accru et des ressources supplémentaires, essentielles pour renforcer les capacités de traitement, les équipes d’enquête sur le terrain et celles chargées des inhumations sécurisées.

Comprendre Ebola et sa propagation en RDC

Le virus Ebola, transmis par contact avec les fluides corporels, provoque une fièvre hémorragique souvent mortelle. Au cours des cinq dernières décennies, il a été responsable de plus de 15 000 décès sur le continent africain. La flambée actuelle s’est malheureusement étendue au cours des deux derniers mois, affectant cinq provinces de la RDC : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo.

Avancées dans la recherche de vaccins et traitements

Malgré la gravité de la situation, des efforts mondiaux se poursuivent pour trouver des solutions. Récemment, le Canada a donné son feu vert au géant pharmaceutique américain Moderna pour lancer des essais cliniques sur un vaccin ciblant la souche Bundibugyo d’Ebola. Parallèlement, le vaccin « rVSV Bundibugyo », considéré par l’OMS comme « le plus prometteur », sera développé par Hilleman Laboratories, basé à Singapour. Fin juillet, un volontaire a reçu la première dose d’un autre vaccin contre le Bundibugyo, mis au point par l’université d’Oxford au Royaume-Uni, utilisant une technologie similaire à celle du vaccin AstraZeneca contre la Covid-19. Plusieurs initiatives visent également à évaluer rapidement des traitements antiviraux, tels que le remdesivir et l’obeldesivir, ainsi qu’un anticorps monoclonal nommé MBP134.

La République Démocratique du Congo avait officiellement déclaré cette 17ème épidémie d’Ebola le 15 mai, après un délai de plusieurs semaines, sur son vaste territoire qui compte plus de 100 millions d’habitants.