Homme politique malien rallie coalition de l’imam Dicko
Un ancien ministre malien rejoint la coalition de l’imam Dicko pour un nouveau projet politique
Hamma Ag Mahmoud, figure historique de la politique malienne, a marqué son ralliement à la Coalition des forces pour la République (CFR), dirigée par l’imam Mahmoud Dicko. Cet engagement survient alors que le Mali traverse une phase de profonde instabilité, poussant l’ancien ministre à appeler à une mobilisation collective pour réinventer le destin national.
Né en 1947, Hamma Ag Mahmoud a occupé des fonctions clés sous le régime du général Moussa Traoré, notamment en tant que ministre du Travail et de la Fonction publique entre 1986 et 1988. Son parcours l’a ensuite conduit à diriger plusieurs préfectures, dont Sikasso, Koulikouro, Ségou, Gao et Tombouctou, avant de s’impliquer dans le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) lors de la crise de 2012. Il a joué un rôle déterminant dans la négociation de l’accord de paix de 2015, visant à apaiser les tensions dans le nord du pays.
Un diagnostic sans appel sur la crise malienne
Depuis son exil en Mauritanie depuis 2011, Hamma Ag Mahmoud observe avec inquiétude l’évolution du Mali. Dans une déclaration sans équivoque, il dénonce l’échec de la classe politique à proposer un projet fédérateur : « Nous sommes dans une période de crise sans précédent, où le pays semble se désagréger. Il est urgent que tous les Maliens s’unissent autour d’une vision commune, capable de rassembler l’ensemble des communautés. La CFR a pris les devants en proposant cette initiative, et il est de notre devoir collectif de la soutenir afin d’organiser une conférence nationale salvatrice. »
Pour l’ancien haut fonctionnaire, les maux du Mali trouvent leur origine dans l’incapacité des dirigeants à répondre aux aspirations populaires : « Si le Mali a connu des rébellions et l’émergence de groupes jihadistes, c’est parce que la classe politique a failli à sa mission. Les citoyens aspirent à un projet politique inclusif, où chacun pourrait se reconnaître. »
Dialogue avec les groupes armés : une nécessité selon l’ancien ministre
La proposition de dialogue avec les groupes armés, notamment le Jnim — affilié à al-Qaïda — suscite des débats houleux au sein de la population. Pourtant, Hamma Ag Mahmoud défend cette approche avec conviction : « Si nous parvenons à associer ces groupes à un projet commun, nous mettrons fin à la spirale de violence. La restauration d’une gouvernance juste et transparente éliminera les racines du jihadisme et des rébellions. »
Ces derniers mois, le Jnim a tenté de se repositionner sur la scène politique malienne, adoptant un discours mettant en avant la « souveraineté » et la défense des populations. Cependant, son objectif ultime reste inchangé : l’application stricte de la charia. Dans ce contexte, la question se pose : peut-on envisager des négociations avec un groupe dont les valeurs s’opposent au cadre républicain ?
Une vision républicaine compatible avec les principes démocratiques
Face aux scepticismes, Hamma Ag Mahmoud affirme sans détour : « Bien sûr que c’est possible ! Tous les principes fondamentaux de la démocratie — égalité, justice, liberté — doivent être appliqués en associant l’ensemble des Maliens, sans exclusion. » Pour lui, le dialogue reste la seule voie vers une réconciliation nationale durable, même avec les groupes les plus radicaux. »