Une arrestation sous tension à Ouagadougou
L’arrestation de l’imam Mohamad Ishaq Kindo, figure religieuse influente, s’est déroulée mardi après-midi à Ouagadougou, selon des témoignages de son entourage et de la Fédération des associations islamiques du Burkina. Des policiers et militaires, agissant masqués, auraient procédé à l’interpellation. Cette opération, survenue la veille de l’Aïd, une importante fête musulmane, a créé un climat de vive tension entre les forces de l’ordre et les fidèles présents. Des proches rapportent que plusieurs personnes auraient été blessées durant l’intervention. À ce jour, le lieu où l’imam a été emmené demeure non divulgué.
Des critiques contre un projet de loi
L’origine de cette situation complexe réside dans les critiques formulées par l’imam Mohamad Ishaq Kindo à l’encontre d’un projet de loi sur les libertés religieuses. Deux jours avant son interpellation, un enregistrement sonore diffusé sur diverses plateformes en ligne révélait ses préoccupations. Dans son sermon, il avait expressément averti les autorités burkinabè contre toute tentative d’interdire les prières dans les lieux publics. Il avait également exhorté les leaders à une réflexion approfondie sur l’impact de leurs décisions avant de les mettre en œuvre, un point central dans la politique au Burkina Faso.
Manifestation dispersée par les forces de sécurité
En réaction à l’arrestation, des centaines de citoyens se sont mobilisés à Ouagadougou quelques heures plus tard, exigeant la libération immédiate de l’imam. Face à ce rassemblement, les forces de sécurité sont intervenues, utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, selon des témoignages recueillis sur place. Dans ce contexte de sécurité au Sahel, la Fédération des associations islamiques du Burkina a lancé un appel urgent aux fidèles musulmans, les invitant à faire preuve de calme, de retenue et de sérénité.