Gabon : vers une gestion rigoureuse des véhicules administratifs immatriculés 142

Libreville — Longtemps perçus comme des symboles d’un statut privilégié, les véhicules arborant la plaque « 142 » font désormais l’objet d’un contrôle strict. Ces immatriculations, rattachées historiquement au ministère de l’Intérieur, circulaient souvent sans que leur légitimité ne soit véritablement questionnée par l’opinion publique.

Une opération de recensement pour plus de transparence

Le gouvernement a entamé ce lundi une procédure d’identification systématique des utilisateurs de ces véhicules. Cette initiative marque un tournant dans la gestion des biens publics au Gabon, visant à assainir les pratiques administratives et à garantir que les ressources de l’État sont utilisées à bon escient.

Du 22 juin au 1er juillet 2026, toutes les personnes détentrices d’un véhicule immatriculé 142, mais n’exerçant pas au sein du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, sont tenues de régulariser leur situation. Elles doivent se présenter au Secrétariat général du ministère munies d’une attestation d’affectation du véhicule, de la carte grise ainsi que d’une pièce d’identité valide.

Mettre fin aux zones d’ombre administratives

Cette campagne de clarification est jugée indispensable par les autorités pour établir une cartographie exhaustive du parc automobile concerné. L’objectif est de s’assurer que chaque immatriculation administrative correspond à une fonction réelle et autorisée, évitant ainsi les abus et les détournements d’usage qui ont pu être observés par le passé.

Le Gabon s’engage ainsi dans une démarche de modernisation où la traçabilité des équipements publics devient une priorité. Qu’il s’agisse de véhicules ou d’autres ressources, l’État entend restaurer son autorité en appliquant des règles uniformes et rigoureuses à l’ensemble des agents et bénéficiaires.

Un contrôle de terrain pour valider la réforme

Après cette phase initiale de recensement, des opérations de vérification seront menées directement sur la voie publique. Les services compétents identifieront les véhicules non déclarés ou circulant en situation irrégulière, marquant le passage de la simple annonce à l’application concrète de la loi.

En s’attaquant à l’opacité entourant les plaques 142, le gouvernement gabonais envoie un message clair : l’ère des avantages non justifiés touche à sa fin. Cette transition vers une culture de responsabilité et de redevabilité est un signal fort envoyé tant à la population qu’aux observateurs sur la transformation profonde de l’appareil d’État.