Fraternité en tension entre le Maroc et le Sénégal : l’impact de la can
fraternité en tension entre le Maroc et le Sénégal : l’impact de la can
Arriver à Dakar avec une certaine méfiance n’était pas anodin. La Coupe d’Afrique des nations (CAN) a laissé des traces si profondes qu’elle influence désormais les relations entre le Maroc et le Sénégal. Une finale controversée a suffi à raviver des tensions que beaucoup pensaient enterrées.
quand le sport divise : les conséquences d’un match
Amadou, un chauffeur de taxi dakarois d’une cinquantaine d’années, abordait la conversation avec un sourire chaleureux. Pourtant, en découvrant mon origine marocaine, son ton a changé. Malgré ses propos courtois, sa phrase « Malgré tout, le Sénégal et le Maroc sont frères… » résonnait comme un aveu : et si cette fraternité n’était plus qu’un lointain souvenir ?
Un simple match de football peut-il donc fissurer des décennies d’amitié ? Ou n’a-t-il été que le déclencheur d’un malaise latent ? La question reste en suspens, mais une chose est sûre : la CAN est devenue le symbole d’une relation désormais teintée de mécontentement et de frustration.
des tensions qui s’immiscent dans le quotidien
Dans les ruelles animées du Plateau, au cœur de Dakar, les échanges commerciaux reflètent cette ambiance tendue. Négocier le prix d’un tissu local devient un exercice périlleux. Un commerçant annonce un tarif de 13 000 XOF le mètre. Après plusieurs ajustements, l’argument « Nous sommes vos frères du Maroc ! » est lancé. Mais cette fois, il ne fonctionne pas. La réponse fuse : « Ah, si c’est le Maroc, alors c’est 20 000 XOF ! ».
« Il faut espérer que ces tensions s’estompent rapidement, tant au Sénégal qu’au Maroc. »
Le ton monte, l’ambiance se dégrade. Les clients marocains sont priés de partir, comme s’ils étaient indésirables. Dans les conversations, la même rengaine revient : la libération des supporters sénégalais détenus au Maroc après la finale. Une demande récurrente, presque obsessionnelle, qui témoigne d’un ressentiment persistant.
le boycott et les non-dits qui pèsent sur les relations
Certains Sénégalais vont plus loin en boycottant les commerces tenus par des Marocains. Leurs propos, moins policés que ceux des diplomates, révèlent une colère et une déception difficile à ignorer. Pourtant, ils ajoutent, avec une pointe d’ironie : « Au Sénégal, nous aimons beaucoup les Marocains… ».
Cette phrase, bien que positive en apparence, est lourde de sous-entendus. Les trois petits points qui la suivent pourraient tout aussi bien cacher des mots comme rancœur, méfiance ou déchirement. Une chose est sûre : ces émotions, si elles ne sont pas apaisées, risquent de s’enraciner durablement.
un espoir de réconciliation malgré tout
Les gouvernements et les fédérations finiront par trouver un terrain d’entente, car l’intérêt commun prime. Mais pour les peuples, les blessures sont plus lentes à guérir. Ce séjour à Dakar, bien que marqué par ces tensions, a aussi révélé la chaleur humaine et la générosité de ses habitants. Leur amitié, sincère et sans ambiguïté, a su illuminer ce voyage.
Espérons que ces sentiments négatifs s’effaceront avec le temps, pour que la fraternité entre le Maroc et le Sénégal retrouve toute sa force.