Formation stratégique au Burkina Faso : le cnes outille les diplomates pour l’anticipation géopolitique
Le Centre national d’études stratégiques (CNES) renforce les compétences diplomatiques du Burkina Faso
Ouagadougou — Le CNES a lancé hier une formation intensive de trois jours dédiée aux cadres du Ministère des Affaires Étrangères. Cette session, organisée dans les locaux du Secrétariat Permanent du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (SP-MAEP) à Ouaga 2000, vise à perfectionner les outils d’analyse et de prospective des experts en géopolitique.
Une trentaine d’ambassadeurs, conseillers et analystes stratégiques prennent part à cet atelier, conçu pour les doter de méthodes avancées d’intelligence stratégique. Face à un environnement international en perpétuelle mutation, l’objectif est clair : anticiper les crises et éclairer les choix politiques du pays.

Durant ces trois journées, les participants explorent des modules clés comme la veille stratégique, l’analyse des risques et la rédaction de notes opérationnelles. Cette approche hybride, mêlant théorie et exercices pratiques, permet de transformer les savoirs en compétences immédiatement exploitables.
Le Directeur général du CNES, le Général de brigade Barthélémy Aimé Simporé, a souligné l’urgence de cette initiative : « Les équilibres géopolitiques se recomposent sans cesse, les tensions sécuritaires gagnent en complexité et les incertitudes stratégiques s’imposent désormais comme une constante de l’échiquier mondial ». Il a insisté sur la nécessité de passer d’une logique de réaction à une véritable culture de la prévision.

Du côté du Ministère des Affaires Étrangères, le Directeur de cabinet Dieudonné Désiré Sougouri a salué ce partenariat inédit. Pour lui, cette formation répond à un impératif : adapter en permanence les méthodes de travail aux réalités changeantes. « Les repères traditionnels s’effritent, et nos experts doivent sans cesse actualiser leurs connaissances pour décrypter un monde en recomposition », a-t-il déclaré.

Les résultats attendus sont multiples : identification plus fine des risques émergents, production d’analyses ciblées pour les décideurs et renforcement du réseau d’experts nationaux. Les organisateurs ont d’ores et déjà annoncé le lancement de nouvelles sessions pour pérenniser cette dynamique.

Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation de la diplomatie burkinabè, alignée sur les orientations des plus hautes autorités. Le partage d’expériences entre défense, enseignement supérieur et diplomatie y contribue activement.