Est de la rdc : un an après l’accord de paix, les violences persistent malgré tout
L’est de la rdc toujours en proie aux combats malgré l’accord historique de Washington
Un an après la signature d’un accord de paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, les tensions dans l’est du pays n’ont cessé de s’aggraver. Les affrontements entre les forces gouvernementales de Kinshasa et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) se sont intensifiés, plongeant la région dans une instabilité chronique.
Un accord de paix ambitieux signé à Washington
Le 27 juin 2025, sous l’égide des États-Unis, les présidents Félix Tshisekedi (RDC) et Paul Kagame (Rwanda) ont officialisé un accord visant à mettre fin aux hostilités. Cette cérémonie, marquée par la présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio, promettait un tournant pour la stabilité de la région, déjà fragilisée par des décennies de conflits et une épidémie d’Ebola.
Pourtant, malgré les promesses de dialogue, les combats ont repris de plus belle. Les négociations menées à Doha, sous médiation qatarie, entre la branche politique du M23 (Alliance fleuve Congo) et le gouvernement congolais n’ont abouti à aucun résultat concret. Les discussions, censées apaiser les tensions, se sont enlisées, laissant le champ libre à une escalade militaire.
Le m23 conserve l’avantage sur le terrain
Selon Bob Kabamba, politologue à l’Université de Liège, la situation reste bloquée. « Les avancées territoriales de la rébellion sont toujours sous son contrôle », explique-t-il. Les violations répétées du cessez-le-feu, de part et d’autre, illustrent l’échec des engagements pris. Le M23, soutenu militairement par le Rwanda selon les Nations unies, en profite pour renforcer ses positions et poursuivre son recrutement.
« C’est la rébellion qui dicte actuellement la dynamique sur le terrain », souligne le professeur. Les forces gouvernementales, malgré leur supériorité numérique, peinent à inverser la tendance. Les échanges de tirs sporadiques et les offensives limitées ne suffisent pas à briser l’impasse militaire. Pour Kabamba, « le rapport de force actuel conditionnera les négociations futures ». La partie la plus forte imposera ses conditions lors des prochaines discussions.
Un statu quo dangereux pour la population
Les conséquences humanitaires de cette impasse sont dramatiques. Les civils de l’est de la RDC subissent les conséquences d’un conflit qui ne dit pas son nom. Les déplacements de populations, les destructions d’infrastructures et l’insécurité généralisée s’ajoutent à une crise sanitaire déjà critique.
Les observateurs s’interrogent : l’accord de Washington était-il sincère ? Ou n’était-il qu’un leurre pour apaiser les tensions internationales sans résoudre les racines du conflit ? Une chose est sûre : sans une volonté politique réelle des deux parties, l’avenir de la région reste plus incertain que jamais.