Épidémie d’Ebola en RDC : bilan alarmant et propagation inquiétante

Une épidémie d’Ebola hors de contrôle en République Démocratique du Congo

En République Démocratique du Congo (RDC), la flambée épidémique d’Ebola s’aggrave avec un bilan humain dramatique. Selon les dernières données officielles, 438 décès ont été enregistrés parmi les 1 406 cas confirmés, affichant un taux de mortalité de 31,2 %. Ces chiffres, communiqués par les autorités sanitaires, reflètent l’ampleur de la crise qui frappe le pays depuis plusieurs semaines.

Détectée pour la première fois le 15 mai, cette épidémie est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche particulièrement redoutable. À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est disponible, bien que des essais cliniques soient en cours pour tenter d’endiguer la propagation du virus.

L’Ituri, épicentre d’une crise sanitaire sans précédent

La province de l’Ituri reste le cœur de l’épidémie, concentrant 91,2 % des cas confirmés et 83,6 % des décès. Le virus s’étend également aux provinces voisines du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, bien que cette dernière n’ait plus enregistré de nouveaux cas depuis fin mai. Une situation qui préoccupe les autorités, d’autant que la maladie a récemment franchi une nouvelle frontière géographique.

Un cas détecté à Kisangani, à 600 km du foyer principal

Un cas d’Ebola a été confirmé à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, située à près de 600 kilomètres de l’Ituri. Les analyses ont révélé que le virus avait contaminé une femme de 24 ans, enceinte de six mois. Son corps, transporté clandestinement à moto depuis la zone de santé de Nia Nia en Ituri, a été testé positif. Un acte dangereux qui illustre les risques liés aux déplacements et aux rites funéraires traditionnels, propices à la transmission du virus.

Parallèlement, un décès et un nouveau cas ont été signalés dans le Haut-Uélé. Les autorités sanitaires révèlent que la personne infectée a quitté la zone de Nia Nia et est actuellement recherchée pour éviter une propagation supplémentaire.

Des infections « importées » mais une vigilance accrue

Malgré ces nouveaux foyers, les autorités sanitaires estiment que seules trois provinces sont officiellement touchées par l’épidémie. Elles considèrent les cas détectés dans la Tshopo et le Haut-Uélé comme des infections « importées » depuis l’Ituri. Plusieurs contacts ont été identifiés et certains transférés vers l’Ituri pour un suivi médical renforcé.

Transmissible par contact avec les fluides corporels, Ebola reste l’une des maladies les plus meurtrières en Afrique. Depuis cinquante ans, elle a causé plus de 15 000 décès sur le continent. En RDC, l’épidémie la plus dévastatrice, survenue entre 2018 et 2020, avait enregistré près de 2 300 victimes.