Crise sécuritaire au Mali : les russes restent sans réaction face aux avancées rebelles
Une offensive coordonnée fragilise Bamako et le nord du Mali
Une série d’attaques simultanées menées par des rebelles touaregs alliés à des groupes djihadistes a ébranlé le régime militaire malien. Parmi les cibles visées, la capitale Bamako a été directement touchée par ces assauts. Pourtant, dans la ville de Kidal, située dans le nord du pays, les 2500 soldats russes de l’Africa Corps (successor du groupe Wagner) ont choisi de se retirer sans opposer la moindre résistance armée.
Des images choquantes : une retraite russe sans combat
Des vidéos diffusées montrent une colonne de véhicules militaires russes quittant Kidal en toute discrétion, abandonnant la ville aux mains des insurgés. Ces images contrastent fortement avec la rhétorique initiale de la junte malienne, qui présentait la présence russe comme un rempart essentiel contre l’instabilité régionale.
La veille de cette retraite, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué ces attaques dans plusieurs zones du Mali, y compris Bamako. Dans leur communiqué, les djihadistes ont explicitement demandé aux forces russes de ne pas intervenir, afin de préserver les bases d’une future collaboration.
Un pouvoir malien affaibli par une série de revers
Le ministre malien de la Défense a été tué lors d’une attaque visant sa résidence, tandis que des pans entiers du territoire échappent désormais au contrôle de l’État. La prise de Kidal, symbole de la rébellion touareg, est particulièrement significative : ce bastion avait été reconquis en 2023 par l’armée malienne avec l’appui des Russes, après onze ans sous domination des indépendantistes de l’Azawad.
Cette perte marque un tournant pour le colonel Assimi Goïta, chef de la junte, dont la crédibilité avait été renforcée par cette victoire. Pourtant, trois ans plus tard, la stratégie mise en place après le départ des forces françaises en 2022 semble désormais en échec.
Les conséquences d’une décennie de conflits et de transitions ratées
L’intervention française en 2014 avait permis de sauver Bamako d’une avancée djihadiste et de reprendre le contrôle du nord du pays. Cependant, les espoirs initiaux de stabilisation ont été suivis d’une série de coups d’État, de la dissolution des partis politiques et d’un mécontentement croissant au sein de la population. Le siège de Bamako il y a quelques mois, empêchant l’approvisionnement en carburant, illustre la détérioration des conditions de vie et la montée des tensions.
Les risques sont désormais multiples : morcellement du Mali entre indépendantistes touaregs et groupes djihadistes, extension de l’influence du GSIM vers les pays voisins comme le Burkina Faso et le Niger (membres de l’Alliance des États du Sahel), et menace grandissante pour les États côtiers déjà fragilisés par les incursions djihadistes.
Cette situation critique rappelle l’échec des différentes interventions étrangères et locales, laissant les populations maliennes dans une impasse sécuritaire et humanitaire sans précédent.