La réforme des crédits spéciaux, au cœur d’une polémique nationale, vient de subir une attaque frontale. Le ministre Abdourahmane Diouf, en tant que superviseur adjoint de sa coalition, a vivement critiqué la proposition de loi présentée par l’Assemblée nationale et dirigée par Ousmane Sonko. Selon lui, cette initiative reflète un double discours envers les leaders religieux et les couches vulnérables de la société sénégalaise.
Le Dr Diouf s’appuie sur deux articles clés de la proposition parlementaire pour étayer ses accusations. L’article 2, qui restreint strictement l’utilisation des crédits spéciaux à la défense, la sécurité et le renseignement, ainsi que l’article 5, qui exclut explicitement les dépenses sociales, sont pointés du doigt. Pour le ministre, ces mesures constituent une aberration économique et sociale, privant l’État de toute marge de manœuvre pour soutenir les populations les plus fragiles. Il qualifie cette réforme de « anti-sociale et anti-religieuse », soulignant son caractère restrictif envers les valeurs d’entraide et de solidarité.
À l’opposé, le ministre salue les amendements apportés par l’Exécutif, qui réintroduisent des dispositions essentielles comme la préservation de l’ordre social et les principes humanitaires. Son analyse est sans appel : « Là où le Parlement exclut, l’Exécutif inclut ». Il reproche également à Ousmane Sonko d’avoir, en tant que Premier ministre, utilisé sans restriction les fonds politiques à des fins personnelles, notamment pour cibler certains foyers religieux. Il lance un appel solennel : « Assumez votre discrimination envers nos communautés religieuses dans l’allocation des fonds politiques ! La République doit rester la République ! »

