Cameroun : des milliards de prêts au développement encore inexploités
Dans le port autonome de Douala, des milliards de francs CFA issus de prêts internationaux s’accumulent sans être fully mobilisés pour les projets structurants du pays. Malgré des engagements financiers colossaux, le Cameroun peine à transformer ces fonds en infrastructures ou en programmes sociaux concrets.
Les dernières données disponibles révèlent que plus de 3 000 milliards de francs CFA ont été alloués ces cinq dernières années par des institutions comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Pourtant, une partie significative reste dormante, faute de cadre opérationnel efficace ou de coordination entre les acteurs locaux et les bailleurs.
Des fonds colossaux, mais des retards persistants
Le Cameroun a bénéficié de plusieurs enveloppes destinées à moderniser son économie. Parmi les projets phares financés, on compte des routes, des hôpitaux et des projets énergétiques. Cependant, les délais de mise en œuvre dépassent souvent les prévisions, et certains fonds sont redirigés vers des dépenses courantes faute de visibilité sur leur utilisation.
Les experts soulignent que l’administration camerounaise doit renforcer ses capacités pour absorber ces financements. « Les procédures administratives alourdissent les processus », confie un haut responsable du ministère des Finances. « Nous manquons parfois de techniciens qualifiés pour piloter ces projets ».
Les secteurs les plus touchés par le manque d’exécution
Plusieurs domaines prioritaires peinent à recevoir l’intégralité des fonds promis :
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Les infrastructures routières : Des milliards prévus pour désenclaver les régions restent partiellement utilisés. Les retards s’accumulent en raison de problèmes logistiques et de corruption.
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Le secteur de la santé : Les hôpitaux modernes, financés par des prêts, voient leurs équipements livrés avec des mois, voire des années de retard.
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L’énergie : Les projets hydroélectriques et solaires, essentiels pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, subissent des blocages administratifs.
Quelles solutions pour débloquer ces fonds ?
Pour inverser la tendance, plusieurs pistes sont envisagées :
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Un renforcement des capacités administratives : Former des équipes dédiées à la gestion des prêts internationaux pourrait accélérer les procédures.
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Une meilleure transparence : Publier régulièrement l’état d’avancement des projets permettrait de rassurer les bailleurs et d’éviter les détournements.
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Des partenariats public-privé : Impliquer davantage le secteur privé dans la gestion des infrastructures pourrait fluidifier les investissements.
Le Cameroun a les atouts pour tirer profit de ces prêts, mais sans une volonté politique forte et des réformes structurelles, ces milliards risquent de continuer à dormir dans les comptes des institutions financières.