Quelques jours avant le coup d’envoi de la Coupe du monde, les Bleus de Didier Deschamps effectuent leurs derniers ajustements. Cette fois, ils affronteront la Côte d’Ivoire et l’Irlande du Nord en amical. Mais ces préparations n’ont pas toujours été de tout repos : certains matchs restent gravés dans les mémoires pour des raisons bien particulières.
Le crève-cœur de Cissé et le raté de Zidane
France-Chine, le 7 juin 2006
Un match qui commence sous les pires auspices. Titularisé par Raymond Domenech, Djibril Cissé se blesse dès son premier contact avec le ballon : une double fracture tibia-péroné, conséquence d’un tacle du capitaine chinois Zheng Zhi. Une image terrible qui marque à jamais la préparation des Bleus.
Et ce n’est pas tout. Ce jour-là, Zinédine Zidane rate le seul penalty de sa carrière en équipe de France. Pourtant, il deviendra le héros de la Coupe du monde en inscrivant deux buts en demi-finale et un dernier en finale sur une panenka mythique. Résultat final : finalistes.
Des ailes et une cuisse brisées
Corée du Sud-France : 2-3, le 26 mai 2002
Juste après avoir remporté la Ligue des champions avec le Real Madrid, Zidane rejoint les Bleus au Japon. Fatigué, il se blesse dès son premier match à la cuisse gauche. Une blessure qui prive l’équipe de son génie et annonce la fin du parcours des Bleus, éliminés dès le premier tour.
Un « assassin » en maillot 21
Finlande-France : 0-1, le 5 juin 1998
À Helsinki, les Bleus de Aimé Jacquet s’imposent malgré un but manqué de David Trezeguet. Christophe Dugarry est alors traité d’« assassin » par Jean-Michel Larqué en direct. Vexés, les joueurs refusent de se rendre sur le plateau de Téléfoot. Une semaine plus tard, Stéphane Guivarc’h, remplaçant de Dugarry, ouvre le score contre l’Afrique du Sud. Mais c’est bien Dugarry, avec son maillot numéro 21, qui marquera le but décisif en finale.
Résultat final : champions du monde.
Une farce à trois temps
France-Guatemala : 8-1, le 21 mai 1986
Préparant le Mondial mexicain, les Bleus affrontent le Guatemala à Tlaxcala, à plus de 2 200 mètres d’altitude. Henri Michel impose un match en trois tiers-temps de 98 minutes, avec un coup d’envoi à midi et quart sur un terrain bosselé. Jean Tigana dénonce des « publicitaires de haut niveau » imposant ces conditions. Résultat final : 3e place.
Entre boycott et chambrage
France-Tunisie : 2-0, le 19 mai 1978
Quelques jours avant le Mondial argentin, une banderole appelle au boycott de la compétition en raison de la dictature en place : « Argentine 1978 : pas de football entre les camps de concentration ». Sous pression, les Bleus, menés par un Michel Platini en forme, s’imposent 2-0.
Résultat final : élimination au premier tour.
Un dernier os en Écosse
Selkirk-France : 2-11, le 7 juillet 1966
Pour préparer le Mondial anglais, les Bleus affrontent des équipes écossaises modestes. Après deux larges victoires, ils écrasent Selkirk 11-2. Lucien Muller, non titularisé, justifie son forfait en déclarant : « Je savais que ma place n’était pas dans l’esprit des responsables ». Résultat final : élimination au premier tour.
C’est Just le buteur
Narke-France : 0-12, le 25 mai 1958
En Suède, les Bleus, dirigés par Paul Nicolas et Albert Batteux, écrasent une sélection locale. Just Fontaine, alors peu connu, inscrit quatre buts. Une semaine plus tard, il récidive dans une victoire 12-0. René Bliard, blessé, laisse la place à la légende naissante du buteur record en Coupe du monde.
Résultat final : 3e place.
Une équipe de remplaçants
Belgique-France : 3-3, le 30 mai 1954
À un mois de la Coupe du monde en Suisse, le sélectionneur Gaston Barreau casse son équipe. Cinq cadres sont écartés, dont René Vignal et Roger Piantoni. Une expérience désastreuse pour la cohésion. Résultat final : élimination au premier tour.
L’impatient anglais
Hollande-France : 4-5, le 10 mai 1934
George Kimpton, nouvel entraîneur anglais, impose un système tactique peu conventionnel en France. En match amical à Amsterdam, la défense française est mise à mal. Résultat final : élimination au premier tour.
La croisière royale
France-Roumanie : 4-2, le 10 juillet 1930
Treize jours de croisière à bord du Conte Verde entre la France et l’Uruguay créent des liens forts. Une semaine après leur arrivée, les Bleus s’imposent 4-2 face à la Roumanie, sélectionnée par le roi Carol II. Résultat final : élimination au premier tour.
