Tentative de coup d’État au Bénin : la présidence maintient son autorité

Un groupe de militaires, se faisant appeler le Comité militaire pour la refondation (CMR), a annoncé dimanche matin sur la chaîne publique béninoise avoir destitué le président Patrice Talon. Cependant, l’entourage du chef de l’État a rapidement démenti cette information, affirmant que le président était en sécurité et que les forces armées reprenaient le contrôle de la situation.

une crise rapidement maîtrisée par les autorités

Selon une source proche de Patrice Talon, l’annonce des militaires ne concerne qu’un « groupuscule isolé » qui n’a réussi à s’emparer ni de la résidence présidentielle ni des locaux officiels. « La ville de Cotonou et le pays sont totalement sécurisés. L’armée régulière reprend le contrôle. Il s’agit d’un incident sans conséquence », a-t-elle déclaré. Les autorités ont également précisé que la situation était sous contrôle et que les putschistes ne représentaient aucune menace sérieuse.

L’ambassade de France au Bénin a, de son côté, signalé des « coups de feu entendus près de la résidence présidentielle » à Cotonou, conseillant aux ressortissants français de rester chez eux par précaution. Une recommandation rapidement partagée sur les réseaux sociaux par la représentation diplomatique.

blocages et restrictions dans la capitale économique

Dès le début de la matinée, des militaires avaient bloqué l’accès à la télévision nationale ainsi qu’à la présidence. Plusieurs zones stratégiques, dont l’hôtel Sofitel, symbole de l’économie béninoise, et des quartiers abritant des institutions internationales, étaient également sécurisés. Malgré ces mesures, l’aéroport et la majorité de la ville fonctionnaient normalement, sans signe de panique parmi la population.

un contexte régional sous tension

L’incident survient dans une Afrique de l’Ouest marquée par une vague de coups d’État ces dernières années : Mali, Burkina Faso, Niger, Guinée et plus récemment, en novembre, la Guinée-Bissau. Le Bénin, bien que réputé pour sa stabilité relative, n’est pas épargné par les violences djihadistes dans sa région septentrionale, une menace qui pèse sur la sécurité de toute la sous-région.

la fin du mandat de Patrice Talon en question

Actuellement en fonction depuis 2016, Patrice Talon doit achever son second mandat en 2026, conformément aux limites constitutionnelles. Bien que son action ait permis une croissance économique notable, il fait face à des critiques récurrentes concernant une dérive autoritaire dans un pays autrefois considéré comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest. Son opposition, bien que marginalisée dans la course à la présidentielle, reste active et continue de dénoncer les restrictions imposées à la liberté politique.