Sonko défie le gouvernement sénégalais avec une motion de censure
Politique
Sonko défie le gouvernement sénégalais avec une motion de censure
Le président de l’Assemblée nationale menace de renverser l’exécutif si les contrats pétroliers ne respectent pas les intérêts du pays

Dakar, Sénégal — Dans un discours sans détour prononcé ce dimanche à Touba, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et figure incontournable du Pastef, a brandi la menace d’une motion de censure contre le gouvernement d’Al Aminou Lo. Ce dernier est accusé de sacrifier les ressources naturelles du pays au profit d’intérêts étrangers, notamment à travers des contrats pétroliers controversés.

Le chef du gouvernement, nommé il y a moins de deux mois, se retrouve sous le feu des critiques pour sa gestion des dossiers énergétiques. Ousmane Sonko, ancien Premier ministre limogé en mai dernier, dénonce une « trahison des engagements souverains » du pouvoir actuel. Selon lui, les récentes nominations, comme celle à la tête de Petrosen, visent à freiner les avancées obtenues sous la précédente mandature en matière de transparence et de renégociation des blocs pétroliers.

Dans un discours en wolof, il a pointé du doigt des partenariats jugés opaques avec des multinationales comme BP et Kosmos, rappelant les dérives de l’ère Macky Sall. « Nous ne permettrons pas que l’on brade nos richesses. Si le gouvernement persiste dans cette voie, nous utiliserons tous les moyens constitutionnels pour le renverser », a-t-il lancé sous les ovations de ses partisans.

Une loi pour encadrer les contrats pétroliers

Pour renforcer son offensive, Ousmane Sonko a annoncé le dépôt imminent d’une proposition de loi révolutionnaire. Ce texte, porté par une députée de son parti, impose une approbation parlementaire préalable pour toute attribution de bloc pétrolier ou gazier. « Plus aucun contrat ne sera signé sans l’aval de l’Assemblée. Nous suivrons l’exemple de la Norvège en matière de rigueur et de transparence », a-t-il expliqué.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de ses actions passées. En 2026, alors qu’il était encore Premier ministre, il avait mené une enquête sur les « contrats hérités » jugés non conformes au code pétrolier. Les renégociations de blocs comme Yakaar-Teranga avaient alors été saluées comme des victoires majeures pour la souveraineté énergétique du Sénégal.

Aujourd’hui, il accuse le nouveau gouvernement de vouloir saboter ces efforts en bloquant les avancées. « Nous avons fait reculer les multinationales. Ce n’est pas pour qu’un gouvernement complaisant revienne en arrière », a-t-il martelé.