Sommets Cédéao : l’AES absent pour la cinquième fois
sommets Cédéao : l’AES absent pour la cinquième fois
La Cédéao se réunit ce dimanche à Freetown, en Sierra Leone, pour son 69ème sommet. L’événement se tient dans un contexte où l’organisation régionale, autrefois unie, doit désormais composer avec l’absence répétée de trois de ses membres : le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Ces pays, désormais alliés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), continuent de marquer leur distance avec la Cédéao. Les dirigeants présents devront aborder ce sujet sensible, tout en tentant de redorer le blason d’une organisation confrontée à des défis majeurs.
Les discussions s’annoncent tendues, notamment sur la question de la sécurité régionale. La menace terroriste, qui ne connaît pas de frontières, rend essentielle une coopération renforcée entre les États. Pourtant, l’absence des trois pays du Sahel complique cette dynamique.
L’AES, une nouvelle donne pour l’Afrique de l’Ouest ?
Le départ du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la Cédéao marque un tournant dans l’histoire de l’organisation régionale. Ces trois pays, désormais réunis au sein de l’AES, ont choisi de tracer leur propre voie. Pourtant, leur proximité géographique et leurs défis communs les rendent incontournables dans toute stratégie régionale.
Les dirigeants de la Cédéao devront donc trouver des solutions pour maintenir un dialogue avec l’AES, malgré les divergences politiques. L’enjeu est de taille : préserver les échanges commerciaux, garantir la libre circulation des personnes et renforcer la coopération sécuritaire face à une menace terroriste qui ne cesse de gagner du terrain.
Pour Aliou Diakite, spécialiste des questions liées à la Cédéao, les défis sont multiples. « Il faut discuter de l’avenir de l’organisation en tenant compte des réalités actuelles : la criminalité organisée, le terrorisme, les changements politiques, le climat, les épidémies et les pandémies. Tous ces éléments interpellent les chefs d’État et de gouvernement, qui doivent réfléchir à l’avenir de la Cédéao pour les années à venir. »
Une force régionale encore en suspens
Parmi les sujets récurrents des sommets de la Cédéao, la mise en place de la Force en attente tarde à se concrétiser. Annoncée il y a plusieurs années, cette force régionale est censée servir d’outil de réponse rapide face aux crises sécuritaires et politiques. Pourtant, son déploiement reste bloqué par des lenteurs administratives et des divergences entre États membres.
Cette semaine, des réunions préparatoires ont eu lieu à Freetown, réunissant ministres et responsables de la sécurité. L’objectif : accélérer la mise en œuvre de cette force. Michel Ange Bangoura, responsable de la coopération avec la Cédéao, est clair : « Sur le plan institutionnel, tout est prêt. Il ne reste plus qu’à trouver les moyens nécessaires à son déploiement. Chaque pays doit contribuer au moins d’une compagnie, et il faut désigner un pays hôte pour l’état-major. »
Interrogé sur une date de déploiement, il répond avec prudence : « Les discussions en cours devraient aboutir à un déploiement à brève échéance. Peut-être même à un regroupement des forces dans un pays choisi pour cet effet. »
Le sommet de Freetown devra également aborder les réformes institutionnelles de la Cédéao. Après des années marquées par des crises politiques et des coups d’État, l’organisation doit restaurer sa crédibilité et prouver qu’elle reste un acteur incontournable de la stabilité en Afrique de l’Ouest.