Situation alarmante des réfugiées au Tchad : violences et manque de soins
Les réfugiées au Tchad confrontées à des violences et un accès limité aux soins
Le Tchad, déjà fragilisé par une pauvreté endémique et un système de santé sous-financé, subit une pression humanitaire sans précédent. Plus de 1,3 million de personnes, majoritairement des femmes et des enfants, ont trouvé refuge dans ce pays d’Afrique centrale. Une situation qui alarme profondément les acteurs humanitaires.
Un conflit voisin aux conséquences dramatiques
Le conflit qui sévit au Soudan voisin a des répercussions directes sur les femmes et les filles réfugiées au Tchad. Lors d’une mission récente dans l’est du pays, Andrew Saberton, directeur exécutif adjoint de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population), a pu constater l’ampleur des défis rencontrés par ces populations vulnérables.
À Abéché, Adré et dans le camp de réfugiés d’Iridimi, il a été témoin des violences subies par les femmes lorsqu’elles quittent les camps pour collecter du bois de chauffage. Harcèlement, agressions et violences sexuelles rythment leur quotidien. « La collecte de bois devient un moment de terreur », a-t-il révélé, citant le témoignage poignant de nombreuses réfugiées.
Malgré ces dangers, Andrew Saberton a pu observer la résilience de ces femmes, soutenues par des programmes de soutien psychosocial, des formations professionnelles et des activités génératrices de revenus.
Des complications médicales aggravées par l’absence de soins
Dans la province du Wadi Fira, où se situe le camp d’Iridimi, les structures de santé peinent à répondre à l’afflux constant de réfugiés. Plus de 333 000 personnes y sont accueillies, réparties dans huit camps.
Les sages-femmes du camp d’Iridimi assistent jusqu’à 300 accouchements par mois, dans des conditions souvent précaires. Les pénuries d’anesthésiants, par exemple, rendent certaines césariennes impossibles à réaliser en toute sécurité. Aucune femme ne devrait accoucher sans anesthésie, a rappelé M. Saberton.
Le camp d’Iridimi illustre la situation critique des réfugiés au Tchad. Les autorités locales et les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme : le manque de financements met en péril des vies.
Un appel urgent à la solidarité internationale
L’UNFPA au Tchad fait face à une réduction drastique de ses ressources. En 2026, le bureau n’a reçu que 2,5 % des 18,7 millions de dollars nécessaires pour maintenir ses services de santé maternelle et de protection des femmes.
Avec un taux de mortalité maternelle parmi les plus élevés au monde (860 décès pour 100 000 naissances vivantes), le Tchad a besoin d’un soutien international immédiat. « Pour ces femmes, l’aide signifie un accouchement sans danger, des soins après des violences et une chance de survivre », a conclu Andrew Saberton.
Un témoignage accablant : la fistule obstétricale
À Abéché, Andrew Saberton a rencontré une jeune femme, mariée à 15 ans, victime de fistule obstétricale. Après trois jours de travail prolongé sans assistance médicale lors de sa première grossesse, son bébé est décédé, et son mari l’a abandonnée. Elle a vécu dix ans avec cette grave complication avant de recevoir des soins.
« Aujourd’hui encore, elle subit des pressions pour se remarier », a-t-il dénoncé. Ce récit illustre l’urgence d’agir pour les femmes réfugiées au Tchad, dont les droits fondamentaux sont quotidiennement bafoués.
Face à l’ampleur des besoins, l’UNFPA et ses partenaires appellent à une mobilisation internationale immédiate. Sans un financement accru, des milliers de vies sont en danger, et des générations entières risquent de payer le prix de cette crise humanitaire.