Sénégal : les chrétiens appelés à prendre davantage part à la vie politique

Un mouvement citoyen pour dynamiser l’engagement politique des chrétiens au Sénégal

Le Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20), une organisation engagée dans la société civile sénégalaise, a pointé du doigt l’insuffisance de la participation des chrétiens à la vie politique du pays. Lors d’un forum organisé à Mbour, au sud de Dakar, en juin 2017, ses représentants ont souligné la nécessité pour cette communauté de s’investir davantage dans les instances décisionnelles, notamment en vue des élections législatives à venir.

Ce rassemblement, placé sous le haut patronage du ministre des Forces armées, Augustin Tine, avait pour thème central : « Engagement politique chrétien et leadership : comment agir pour un impact durable ? »

Un leadership chrétien à renforcer dans l’arène politique

Sous la direction d’Emile Daly Diouf, président du MAC 20, l’organisation a plaidé pour une implication plus marquée des catholiques dans les partis politiques. « Bien que nous soyons une minorité, notre engagement doit être massif et visible », a-t-il déclaré. « Nous devons occuper des positions stratégiques où les grandes décisions se prennent. » Selon lui, si des chrétiens sont actifs en politique, leur présence ne se traduit pas par un leadership collectif structuré.

Le MAC 20 a également exprimé son intention de soutenir des candidats plutôt que de proposer directement ses propres représentants. « Nous ne cherchons pas à imposer des noms, mais à appuyer ceux qui se battent déjà pour nos valeurs et à les aider à monter en responsabilité », a précisé Emile Daly Diouf. Cette approche vise à renforcer la voix chrétienne dans les débats nationaux, y compris pour des élections futures comme la présidentielle de 2019.

Une représentation politique en demi-teinte

Hélène Tine, députée et figure chrétienne engagée, a confirmé cette réalité en évoquant la faible représentation de sa communauté au Parlement. Sur les 150 sièges de l’Assemblée nationale, seulement trois sont occupés par des chrétiens, dont elle-même, qui est également la seule femme chrétienne parmi les 64 députées. « Notre place doit être davantage reconnue, car nous avons un rôle à jouer dans la gestion des affaires publiques », a-t-elle affirmé.

Elle a également mis en lumière les obstacles rencontrés : « Sur les listes électorales, les chrétiens sont souvent relégués à des positions symboliques qui ne favorisent pas leur élection. Pourtant, l’Église encourage vivement cette implication. » Hélène Tine a appelé à une mobilisation conjointe des partis politiques et de la communauté chrétienne pour promouvoir une diversité plus équilibrée, pilier historique de la stabilité sénégalaise.