Santé du président camerounais : entre rumeurs et réactions officielles

Une absence prolongée qui alimente les spéculations

Les Camerounais s’interrogent depuis près de deux mois sur l’absence du président de la République, Paul Biya, né en 1933 et âgé de 93 ans. Officiellement, le gouvernement a confirmé son retour imminent dans le pays, sans pour autant préciser la date exacte. René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a tenu à rassurer la population : « Le président est en vie… Il n’y a aucune vacance du pouvoir ! »

Cette déclaration intervient dans un contexte où les rumeurs sur l’état de santé du chef de l’État se multiplient. Son départ du Cameroun, intervenu il y a plus de deux mois, a donné lieu à de nombreuses conjectures, renforçant les tensions entre le camp présidentiel et l’opposition.

L’opposition exige plus de transparence

Plusieurs figures de l’opposition, dont Jean-Michel Nintcheu et l’Union démocratique du Cameroun (Udc), réclament une clarification sur la situation réelle de Paul Biya. Ils appellent le Conseil constitutionnel à se prononcer sur une éventuelle vacance du pouvoir, estimant que la stabilité du pays ne peut reposer sur des silences ou des hypothèses.

Certains responsables politiques évoquent même un « vide institutionnel », critiquant une gouvernance à distance qu’ils jugent peu transparente. Pourtant, le camp présidentiel assure que le président reste aux commandes, malgré son absence prolongée.

Le cadre constitutionnel en cas de vacance du pouvoir

La Constitution camerounaise, dans son article 6, alinéa 4, encadre strictement la situation de vacance du pouvoir. En cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif reconnu par le Conseil constitutionnel, une élection présidentielle doit être organisée dans un délai de 20 à 120 jours après l’ouverture de la vacance.

Pendant cette période transitoire, l’intérim est assuré par le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, âgé de 64 ans. En cas d’empêchement, c’est Naomie Mikel Bégala épouse Akono, première vice-présidente du Sénat et âgée de 63 ans, qui prendrait le relais. Toutefois, l’intérim ne permet pas de modifier la Constitution, de changer la composition du gouvernement ou de recourir à un référendum. De plus, le président par intérim ne peut pas se présenter à l’élection présidentielle qui suivrait une vacance.