Répression des juntes militaires au Sahel et en afrique de l’ouest en 2025

Une année 2025 marquée par l’essor de l’autoritarisme militaire

En Afrique de l’Ouest et au Sahel, les juntes militaires ont renforcé leur contrôle en 2025, tout en intensifiant la répression des libertés fondamentales. Selon les observations de Human Rights Watch, cette tendance s’accompagne d’une détérioration alarmante des droits humains et d’un affaiblissement des mécanismes de responsabilité.

Des assauts répétés contre les droits humains

Les forces gouvernementales et leurs alliés, aux côtés des groupes armés islamistes, ont multiplié les attaques contre les populations civiles et les infrastructures essentielles dans toute la région. Parallèlement, les juntes au pouvoir ont limité l’action des organisations régionales et internationales, réduisant ainsi les possibilités de sanctionner les abus commis.

« Les juntes militaires du Sahel poursuivent leur offensive contre la liberté d’expression et les droits démocratiques, sans tenir compte des engagements pris pour rétablir l’ordre constitutionnel », déclare Mausi Segun, responsable de la division Afrique chez Human Rights Watch. « Il est urgent d’agir à l’échelle régionale pour exiger l’ouverture d’espaces politiques inclusifs et protéger les populations des exactions. »

Un rapport accablant sur les pratiques autoritaires

Le Rapport mondial 2026 de Human Rights Watch, un document de 529 pages analysant plus de 100 pays, dresse un constat sévère : le système des droits humains est plus menacé que jamais. Face à la montée des régimes autoritaires, dont celui impulsé par l’administration Trump, Philippe Bolopion, directeur exécutif, appelle les démocraties et la société civile à former une alliance stratégique pour défendre les libertés fondamentales.

Les dérives institutionnelles des juntes au pouvoir

Plusieurs pays de la région ont adopté des mesures controversées :

  • Le Niger et le Mali ont prolongé de cinq ans leurs périodes de transition vers la démocratie et interdit le multipartisme.
  • Le Tchad a levé la limite des mandats présidentiels, ouvrant la voie à des mandats à vie.

Ciblage systématique des voix dissidentes

Les restrictions touchent tous les secteurs :

  • Au Burkina Faso et au Mali, journalistes, militants et opposants sont victimes d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées ou de conscription illégale.
  • Au Nigeria, les autorités répriment les critiques via des lois répressives sur la cybercriminalité, ciblant journalistes et internautes.
  • Mohamed Bazoum, ancien président du Niger, reste détenu sans procès. Succès Masra, figure de l’opposition au Tchad, a été condamné à 20 ans de prison pour des motifs politiques.

Violences extrêmes et impunité généralisée

Les groupes armés, comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique au Sahel (EIS), ont perpétré des massacres de civils au Burkina Faso, Mali et Niger. Côté gouvernemental, les forces armées locales et les milices pro-régime, soutenues par des mercenaires comme le groupe Wagner (devenu « Africa Corps »), ont exécuté sommairement des civils peuls.

Au Nigeria, la résurgence de factions de Boko Haram et la prolifération des gangs criminels dans le nord-ouest du pays aggravent une crise sécuritaire déjà explosive, avec des enlèvements et meurtres en série.

Un retrait stratégique aux conséquences graves

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont officialisé leur retrait de la CEDEAO et de la Cour pénale internationale (CPI), affaiblissant drastiquement l’accès à la justice pour les victimes de violations des droits humains.

Pour Human Rights Watch, les organisations régionales et internationales doivent redoubler d’efforts pour protéger les civils et sanctionner les abus, sous peine de voir la situation s’aggraver davantage.