Représentativité politique au Sénégal : les femmes au cœur de l’avenir du pays
Le Réseau des femmes leaders pour le développement (RFLD) a organisé un séminaire à Dakar pour souligner l’importance cruciale de la participation féminine dans les instances décisionnelles du Sénégal. Lors de cet événement, tenu en mai 2026, les intervenantes ont insisté sur la nécessité d’accroître la place des femmes dans les sphères politiques et institutionnelles, afin de garantir une démocratie plus inclusive et un développement durable du pays.
« Une démocratie ne peut prétendre à l’excellence sans une représentativité équilibrée entre les genres. Le Sénégal ne se construira pas sans les femmes, mais avec elles », a affirmé Bator Seck, présidente du RFLD au Sénégal, lors de l’ouverture des débats. Cette organisation, active au Sénégal mais aussi au Ghana, en Gambie et au Bénin, milite pour l’égalité des droits, la santé reproductive, l’espace civique et la justice climatique à travers des actions de plaidoyer, de terrain et de financement de projets locaux.
Un recul inquiétant de la représentation féminine
Malgré les avancées législatives reconnues internationalement, comme la loi sur la parité de 2010 ou la Constitution de 2001, le Sénégal fait face à des défis persistants en matière de participation politique des femmes. Bator Seck a pointé du doigt les élections législatives de 2024, qui ont enregistré un recul de leur représentation à l’Assemblée nationale, passant de 44,2 % à 41 %. « Pire encore, seulement 13 % des têtes de listes étaient des femmes », a-t-elle déploré. Elle a également mis en lumière la faible présence féminine dans les collectivités locales : seules 18 communes sur 558 sont dirigées par une femme, et trois départements sur 43 sont présidés par une femme. Ces chiffres révèlent des freins structurels, culturels et financiers qui limitent l’accès des femmes au pouvoir.
Les femmes, actrices incontournables du développement sénégalais
Malgré ces obstacles, Bator Seck a tenu à rappeler le rôle central des femmes dans l’économie, l’éducation, les luttes sociales et la consolidation de la paix au Sénégal. Leur participation active est un pilier essentiel pour bâtir une société plus juste et résiliente. Des personnalités comme Mama Diouf Fall, représentant le ministère de la Famille, et Fatoumata Guèye Ndiaye, présidente d’honneur de l’Association des juristes sénégalaises, ont également souligné l’importance d’un meilleur accès des femmes aux postes exécutifs et à la gouvernance des partis politiques. Elles ont appelé à une révision de la loi sur la parité pour renforcer leur présence dans les sphères de décision et garantir une gouvernance plus équilibrée.