Rançons terroristes au Sahel : comment 50 millions de dollars ont changé la donne

Fin 2025, une rançon colossale de près de 50 millions de dollars a été versée pour la libération d’un otage détenu par des groupes armés affiliés à Al-Qaïda au Mali. Selon un rapport confidentiel des Nations Unies, cette somme a servi de catalyseur aux ambitions du groupe dans la région du Sahel, tout en alimentant les caisses de la direction centrale d’Al-Qaïda.
Des fonds colossaux aux mains des groupes armés
D’après le document onusien, daté du 10 août 2026, l’identité de l’otage et du payeur n’ont pas été révélées. Cependant, trois sources régionales fiables désignent les Émirats arabes unis comme responsable du paiement. Parmi les personnes libérées figuraient un citoyen émirati, ainsi qu’un Pakistanais et un Iranien. Interrogé, un responsable des autorités émiraties a déclaré que « le pays renforce sans cesse ses efforts pour combattre le terrorisme et couper les viviers de financement des groupes extrémistes ».
Une redistribution stratégique au sein du Sahel
Le rapport onusien révèle que la majorité de cette rançon a été redistribuée entre les différentes katibas du Sahel, affiliées à la coalition Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM). « Ces fonds ont joué un rôle déterminant dans le financement des offensives du groupe à travers le Mali », précise le document. Une partie de l’argent a également transité par Al-Qaïda au Maghreb islamique pour rejoindre la direction centrale de l’organisation et sa branche yéménite.
Un groupe en pleine expansion
Le JNIM compterait entre 7 000 et 8 000 combattants opérant au Sahel, dont la moitié serait basée au Mali. En avril 2026, le groupe a marqué les esprits en attaquant la capitale malienne, un attentat qui a coûté la vie au ministre de la Défense. Quelques semaines plus tard, en juin, le JNIM a proposé des millions d’euros en échange d’informations sur le président malien.
L’enlèvement, une source de financement lucrative
D’après des sources sécuritaires locales, les rançons versées pour la libération d’étrangers oscillent généralement entre 4 et 6 millions de dollars. Pour l’ONU, le JNIM a fait de l’enlèvement une véritable manne financière, mais aussi un outil pour saper la confiance dans la capacité des États à assurer la sécurité de leurs citoyens.