Paul nsapu alerte sur les droits humains en rdc : deux visages de la crise

Paul Nsapu alerte sur les droits humains en RDC : deux visages de la crise

Lors d’un Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Paul Nsapu, président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), a dressé un constat sans appel sur la situation des droits humains en République démocratique du Congo (RDC). Son analyse révèle une dichotomie frappante entre la capitale, Kinshasa, et les provinces de l’est du pays.

À Kinshasa : des violations structurelles ancrées dans le temps

Dans les zones sous l’autorité directe de Kinshasa, Paul Nsapu pointe des violations structurelles des droits humains. Ces manquements, selon lui, s’enracinent dans des défaillances systémiques propres aux régimes successifs qui se sont succédé au pouvoir. Les droits civils et politiques, ainsi que les droits économiques et sociaux, sont particulièrement touchés :

  • Droit au travail : précarité généralisée et absence de politiques d’emploi stables.
  • Droit à la santé : infrastructures sanitaires défaillantes et accès inégal aux soins.
  • Droit à l’éducation : système éducatif en crise, marqué par des infrastructures vétustes et un manque d’enseignants qualifiés.

Ces problèmes, bien que préoccupants, ne constituent pas une rupture brutale avec le passé. Ils reflètent plutôt « l’accumulation des dysfonctionnements de gouvernements précédents », selon les termes mêmes de Paul Nsapu.

À l’est de la RDC : un noyau dur de violations des droits fondamentaux

La situation prend une dimension dramatique dans les provinces de l’est, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et une partie de l’Ituri. Paul Nsapu y décrit un noyau dur de violations, où les droits les plus essentiels sont quotidiennement bafoués :

  • Droit à la vie : menacé par les violences armées et les conflits intercommunautaires.
  • Droit à la sécurité : populations civiles prises en étau entre groupes armés et forces de sécurité.
  • Libertés fondamentales : restrictions accrues de la liberté d’expression et de mouvement.

L’expert pointe du doigt deux facteurs aggravants :

  • La présence de l’armée rwandaise sur le sol congolais, en violation du droit international.
  • L’activisme de ses supplétifs locaux, qui aggravent l’instabilité régionale.

Ces éléments transforment l’est de la RDC en « une zone de non-droit », où les populations vivent dans un climat de terreur permanente.

Un appel à l’action urgente

Face à ce diagnostic accablant, Paul Nsapu exhorte les autorités congolaises à agir sans délai. Il plaide pour :

  • Une réforme en profondeur des politiques publiques à Kinshasa.
  • Un renforcement de la présence de l’État dans les provinces de l’est.
  • Une coopération régionale renforcée pour mettre fin aux ingérences étrangères.

Pour l’expert, « la protection des droits humains en RDC ne peut plus attendre ». Les populations, qu’elles soient à Kinshasa ou à l’est, méritent une réponse immédiate et efficace.