Partenariat européen pour l’eau au Maroc : un plan de 3,7 milliards de DH face au climat

Un partenariat Maroc-UE de 3,7 milliards de DH pour sécuriser l’eau face au changement climatique

Avec ce projet d’envergure, le Maroc et l’Union européenne concrétisent leur volonté commune de relever l’un des défis les plus critiques du siècle : l’adaptation de la gestion des ressources hydriques aux bouleversements climatiques.

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Publié le 2 Juin 2026 à 19:27. | 3 min de lecture

Un partenariat Maroc-UE de 3,7 milliards de DH pour sécuriser l'eau face au changement climatique
Une alliance stratégique entre le Maroc et l’Union européenne vient d’être scellée pour renforcer la résilience hydrique du Royaume. Lors d’une cérémonie organisée à Rabat, un plan d’action ambitieux a été officiellement lancé pour soutenir le Plan national de l’eau (PNE), avec un financement global de 3,7 milliards de dirhams, équivalant à près de 348 millions d’euros.

Ce programme, fruit d’une collaboration étroite avec plusieurs partenaires européens majeurs, s’inscrit dans une dynamique collective visant à transformer les engagements politiques en solutions concrètes face à l’un des défis majeurs du XXIe siècle.

La rencontre, qui s’est tenue en présence du ministère de l’Économie et des Finances ainsi que des représentants des institutions européennes, marque le début d’une initiative inédite basée sur l’approche « Équipe Europe ». Cette méthode innovante permet de mutualiser les ressources financières et techniques de l’Union européenne et de ses États membres afin de répondre efficacement aux enjeux climatiques.

Le financement de ce projet repose sur un mécanisme mixte : une contribution de 514,4 millions de dirhams sous forme de subventions, apportée par l’Union européenne, est complétée par des prêts concessionnels à hauteur de 3,2 milliards de dirhams. Ces derniers sont mobilisés grâce à trois acteurs financiers européens de premier plan : la KfW allemande, la Cassa Depositi e Prestiti italienne et l’Agence française de développement (AFD), qui assure la coordination opérationnelle du dispositif.

Les priorités définies pour ce programme s’articulent autour de quatre axes stratégiques. Le premier vise à approfondir la connaissance des ressources hydriques du pays et à évaluer leur vulnérabilité face aux bouleversements climatiques. Le second se concentre sur l’amélioration de la gestion des événements extrêmes, tels que les sécheresses prolongées ou les inondations dévastatrices. Le troisième axe concerne la préservation des nappes phréatiques, essentielles pour l’équilibre écologique et la sécurité alimentaire. Enfin, le quatrième pilier porte sur le renforcement des capacités institutionnelles des acteurs locaux du secteur de l’eau.

Un accompagnement technique renforcé sera mis en place pour accompagner la mise en œuvre de ces objectifs, tout en favorisant l’échange d’expertises entre les équipes marocaines et européennes.

Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a rappelé lors de son allocution l’importance cruciale de cette ressource vitale. Pour lui, l’eau représente un patrimoine à préserver pour les générations futures, mais aussi un levier essentiel de souveraineté nationale. Face à l’aggravation des épisodes de sécheresse qui frappent le pays, il a souligné la nécessité d’anticiper et d’agir, en adaptant progressivement le modèle de gestion des ressources hydriques.

Selon ses propos, ce nouveau programme permettra de renforcer significativement la capacité du Maroc à faire face aux impacts du changement climatique, tout en garantissant une exploitation durable et équilibrée de ses ressources en eau.

Du côté européen, cette initiative illustre l’engagement de l’Union à soutenir le Maroc dans la préservation de ses écosystèmes naturels. L’ambassadeur européen au Maroc a souligné que ce projet s’aligne parfaitement avec les priorités du Partenariat vert Maroc-UE et du Pacte pour la Méditerranée. Ces cadres stratégiques placent la résilience climatique et la gestion de l’eau au cœur des relations euro-méditerranéennes, avec l’ambition de proposer des réponses adaptées aux défis communs.

Le Maroc, comme l’ensemble des pays riverains de la Méditerranée, subit une pression croissante sur ses ressources hydriques. Entre 2017 et 2025, le Royaume a été confronté à plusieurs épisodes de sécheresse intense, tandis que la demande en eau n’a cessé de progresser, portée par la croissance démographique et le développement économique.

Ce programme vient donc compléter les efforts déjà déployés dans le cadre du Plan national de l’eau et du Programme national d’alimentation en eau potable et d’irrigation (PNAEPI) 2020-2027. Une initiative saluée par les ambassadeurs d’Allemagne, d’Italie et de France, qui y voient un modèle de coopération régionale.

Chaque partenaire européen apportera son expertise spécifique : l’Allemagne, via la KfW, axera son soutien sur l’adaptation au changement climatique et la protection des nappes souterraines. L’Italie mettra en avant son savoir-faire en matière de gestion des ressources hydriques, tout en intégrant une dimension d’égalité entre les genres. Pour sa part, la France, représentée par l’AFD, veillera à la bonne exécution du programme en y intégrant systématiquement les enjeux de résilience climatique et d’égalité femmes-hommes.

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