Opération éclair de la dgst contre un réseau daech au Maroc
Opération éclair de la DGST : une cellule de Daech démantelée avant l’aube au Maroc
Alors que les premières lueurs du jour n’avaient pas encore percé l’horizon, une unité d’élite de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST) investissait les ruelles endormies d’Aourir, modeste bourgade côtière située au nord d’Agadir. L’objectif ? Neutraliser un individu radicalisé, prêt à passer à l’acte au nom de l’organisation État islamique (Daech).
Les renseignements recueillis par la DGST, d’une précision chirurgicale, avaient révélé l’imminence d’une attaque terroriste. En quelques secondes, les forces spéciales maîtrisaient le suspect, évitant ainsi une tragédie dans la région du Souss.
Un arsenal prêt à frapper le territoire national
La perquisition menée par le Bureau central d’Investigations judiciaires (BCIJ), bras judiciaire de la DGST, confirmait l’urgence de l’interception. L’individu détenait non seulement des armes blanches, mais également du matériel tactique de combat, révélant une préparation méthodique. Les habitants d’Aourir, au réveil, découvraient avec stupeur et soulagement l’étendue de la menace neutralisée avant qu’elle ne se concrétise.
Un laboratoire clandestin découvert dans la zone industrielle d’Inezgane
Quelques kilomètres plus au sud, dans un hangar discret de la zone industrielle d’Inezgane, les enquêteurs tombaient sur un véritable centre logistique dédié à la fabrication d’engins explosifs. Au cœur de l’entrepôt, un 4×4 attirait particulièrement l’attention : son réservoir avait été modifié clandestinement pour fonctionner au gaz butane. Cette modification visait à amplifier l’effet thermique et l’onde de choc lors d’un attentat-suicide ou d’une attaque à la voiture-bélier contre des infrastructures stratégiques du Royaume.
Face au risque d’explosion imminent, le BCIJ déclenchait un protocole d’urgence. Les riverains furent évacués en urgence, une unité de déminage de la Sûreté nationale (DGSN) était déployée, et des robots télécommandés équipés de capteurs high-tech analysaient l’intérieur du véhicule sans exposer les hommes.
L’inventaire du local révélait une panoplie d’objets macabres : des bonbonnes de gaz, des cocottes-minute transformées en bombes artisanales remplies de clous, des fils électriques, des détonateurs, du matériel de soudage et des produits chimiques en grande quantité.
Un coup de filet synchronisé dans sept villes du Maroc
Si le cœur opérationnel de cette cellule se situait dans la région du Souss, ses ramifications s’étendaient bien au-delà. Pour éviter que l’arrestation d’Aourir ne déclenche une alerte prématurée, la DGST frappait simultanément dans sept villes : Agadir, Taroudant, Casablanca, El Hajeb, Tétouan, Fquih Ben Salah et Safi. Dix individus radicalisés furent interpellés lors de cette opération coordonnée.
Parmi les suspects figuraient un mineur de 17 ans, illustrant le cynisme des recruteurs de Daech, et un ancien détenu ayant déjà purgé une peine pour faits liés au terrorisme. Cette arrestation mettait en lumière le défi de la récidive et de l’embrigadement des plus jeunes.
Les perquisitions menées dans les domiciles des interpellés permirent de saisir un arsenal à la fois numérique et matériel : uniformes militaires, manuscrits détaillant des schémas de bombes artisanales, et supports numériques contenant deux vidéos particulièrement alarmantes. L’une montrait l’allégeance des suspects au « Calife » de Daech, tandis que l’autre contenait des menaces explicites de sabotage à l’échelle nationale.
Une connexion directe avec le Sahel
Les investigations révélaient une organisation particulièrement structurée, inspirée des méthodes militaires. Les membres de cette cellule recevaient des ordres et un soutien logistique depuis la région du Sahel. Le message était clair : plutôt que de rejoindre les maquis en Afrique subsaharienne, ils devaient frapper le Maroc de l’intérieur.
Le chef de la cellule avait mis en place une structure compartimentée pour limiter les risques de fuite. Trois équipes distinctes œuvraient en parallèle : une équipe de reconnaissance chargée d’identifier et de surveiller des cibles sensibles, une équipe logistique responsable de l’acquisition discrète de produits chimiques et de matériel, et une équipe technique basée à Inezgane, dédiée à la modification des véhicules et à l’assemblage des explosifs.
Grâce à la vigilance et à la réactivité de la DGST et du BCIJ, cette poudrière a été désamorcée à temps. Les neuf suspects majeurs ont été placés en garde à vue, tandis que le mineur a été placé sous surveillance renforcée, sous la supervision du parquet antiterroriste.
Les enquêteurs s’attellent désormais au décryptage des téléphones et disques durs saisis. Leur objectif : cartographier les communications cryptées avec le Sahel et s’assurer qu’aucune menace résiduelle ne subsiste dans l’ombre.
Le calme est revenu à Aourir et Inezgane, mais la vigilance reste de mise alors que les autorités poursuivent leurs investigations pour sécuriser pleinement le territoire.