Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal, a dévoilé lundi une nouvelle composition ministérielle où apparaissent quelques figures liées au Pastef. Pourtant, Ousmane Sonko, exclu de ce gouvernement, avait clairement indiqué que son parti n’y participerait pas. Cette annonce survient à peine dix jours après le limogeage de Sonko de son poste de Premier ministre, lui qui avait été remplacé par Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô.
La rupture entre les deux hommes, autrefois alliés indéfectibles et vainqueurs de la présidentielle de mars 2024 sous le slogan « Sonko mooy Diomaye », marque un tournant politique dans le pays, déjà fragilisé par une crise économique persistante.
une participation refusée par le pastef
Quelques minutes avant la publication de la liste gouvernementale, Ousmane Sonko a confirmé par un communiqué sur les réseaux sociaux que le Pastef ne prendrait pas part à cette administration. Selon ses propos, un entretien avec le chef de l’État a révélé des « convergences » mais aussi des « désaccords profonds », notamment sur le rôle de la majorité parlementaire dans l’exécutif.
Après avoir présenté de nouvelles propositions au président, celles-ci n’ont pas reçu d’aval. Le communiqué précise : « Le PASTEF – Les Patriotes ne participera pas au prochain gouvernement et n’y sera représenté par aucun ministre. »
des alliés du pastef présents malgré tout
Malgré l’opposition affichée par le leader du parti, certains de ses membres, moins médiatisés, occupent désormais des postes clés. C’est le cas de Moussa Bala Fofana, nommé ministre de l’Urbanisme, ou de Yankhoba Diémé, qui dirige le ministère des Forces armées. Par ailleurs, plusieurs ministres de l’ancien gouvernement ont été reconduits, comme Cheikh Diba aux Finances, Moustapha Mamba Guirassy à l’Éducation ou encore Cheikh Tidiane Dièye à l’Assainissement.
Le nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, a souligné que la liste avait été établie après « des concertations avec toutes les parties concernées », y compris Ousmane Sonko. Lors de la diffusion en direct sur la chaîne publique RTS, il a rappelé l’importance de placer « la patrie et la République au-dessus des considérations partisanes ».
la fin d’une alliance historique
Cette nouvelle étape intervient après des mois de tensions croissantes entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, qui avaient pourtant mené ensemble la campagne victorieuse de 2024. Les divergences se sont exacerbées depuis juillet 2025, lorsque l’ancien Premier ministre avait critiqué un « problème d’autorité » au sein du pays. En mai 2026, le président a reproché à son ex-Premier ministre une « personnalisation excessive » du parti au pouvoir.
Empêché de se présenter à l’élection présidentielle en raison d’une condamnation pour diffamation, Ousmane Sonko avait désigné Bassirou Diomaye Faye comme son successeur. Cependant, les désaccords apparus entre eux ont fini par sceller leur séparation, Sonko étant depuis élu président de l’Assemblée nationale.